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Aïda Muluneh à Casablanca : l'art de la couleur saturée

L'artiste Aïda Muluneh expose à La Galerie 38 jusqu'au 27 juin 2026. Ses photographies numériques explorent l'identité et la mémoire via des couleurs…

En 10 secondes : L’artiste Aïda Muluneh expose à La Galerie 38 jusqu’au 27 juin 2026. Ses photographies numériques explorent l’identité et la mémoire via des couleurs saturées.

Qu’est-ce que l’exposition d’Aïda Muluneh à Casablanca ?

L’exposition d’Aïda Muluneh, installée à La Galerie 38 à Casablanca jusqu’au 27 juin 2026, propose une immersion dans une écriture visuelle où la couleur n’est pas un simple décor, mais une véritable grammaire, selon L’Économiste. L’artiste éthiopienne d’origine marocaine y présente des photographies numériques d’archive qui rompent avec le naturalisme pour embrasser un symbolisme radical.

L’œuvre phare, « In Which We Remain The Road of Glory » (2020), commandée par le Nobel Peace Center, illustre parfaitement cette démarche. Ce format 80×80 cm (édition 4/7) utilise des contrastes violents pour interpeller le spectateur. On y retrouve la signature visuelle de l’artiste : des fonds bleus saturés, des silhouettes rouges et des visages blanchis, le tout organisé avec une précision architecturale quasi mathématique.

Pour les MRE créatifs, cette rigueur structurelle résonne avec leur propre pratique. Elle voit dans l’œuvre de Muluneh une manière de reconstruire une identité fragmentée par l’exil, transformant le chaos du souvenir en une composition géométrique maîtrisée.

Comment Aïda Muluneh a-t-elle évolué vers ce style symbolique ?

Le parcours d’Aïda Muluneh est marqué par une transition profonde du photojournalisme vers la mise en scène. D’après L’Économiste, l’artiste a d’abord pratiqué une photographie de terrain, documentaire et brute, avant de s’orienter vers une approche plus conceptuelle. Ses études de cinéma à l’Howard University ont joué un rôle déterminant dans cette mutation, lui apportant les outils de la mise en scène et de la narration visuelle.

Ce passage au symbolisme s’est accentué lors de son retour vers l’Éthiopie. En délaissant la capture de l’instant pour la création d’images construites, elle a commencé à utiliser la couleur comme un outil de revendication et de mémoire. Ses fonds monochromes et saturés ne cherchent pas à représenter la réalité, mais à évoquer des états émotionnels et des rituels ancestraux.

L’œuvre devient alors un pont entre ses racines et son expérience internationale. En utilisant des pigments qui rappellent les terres d’Afrique, elle transforme la photographie numérique en une sorte de peinture contemporaine, où chaque nuance de bleu ou de rouge porte une charge politique et culturelle précise.

Pourquoi son œuvre redéfinit-elle l’identité diasporique ?

Aïda Muluneh ne se contente pas de documenter l’Afrique ; elle crée un langage visuel qui transcende les frontières nationales. En mêlant ses origines marocaines et éthiopiennes, elle incarne une forme de “binationalité artistique” qui parle directement à la diaspora. Son travail montre que l’identité n’est pas un point fixe, mais une construction mouvante, nourrie par les allers-retours entre plusieurs continents.

L’utilisation de visages blanchis et de silhouettes stylisées permet d’universaliser le sujet. Le portrait ne devient plus l’image d’un individu précis, mais le symbole d’une condition humaine commune, celle de l’errance et de la quête de soi. Cette approche transforme la galerie en un espace de réflexion sur la mémoire collective et la manière dont les rituels survivent à la modernité.

Pour les MRE attachés à la culture du pays, ce type d’art représente une connexion intellectuelle avec le Maroc. C’est une manière de consommer une culture marocaine qui ne soit pas folklorique, mais ancrée dans les courants contemporains mondiaux, validée par des institutions comme le Nobel Peace Center.

Pourquoi ça te concerne ?

Si tu vis en Europe et que tu t’intéresses à l’art contemporain, l’exposition de Muluneh est un signal fort : le Maroc devient un hub majeur pour l’art africain global. Ce n’est plus seulement une question de “retour aux sources”, mais d’influence réciproque. En visitant La Galerie 38, tu découvres comment un artiste issu de la diaspora utilise sa double culture pour bousculer les codes de la photographie.

L’action concrète pour toi : si tu es de passage à Casablanca avant le 27 juin, ne manque pas cette exposition. C’est l’occasion d’analyser comment la couleur peut servir de vecteur à une identité complexe. Pour les MRE qui rénovent un bien au Maroc, c’est une source d’inspiration pour intégrer des contrastes chromatiques forts dans leurs projets.

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Moriginals — 2026-05-21

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