Sahara : le Maroc veut sortir le dossier du comité des Vingt-Quatre
Rabat demande le transfert du dossier du Sahara vers le Conseil de sécurité de l'ONU, jugeant le comité des Vingt-Quatre obsolète.
En 10 secondes : Rabat demande le transfert du dossier du Sahara vers le Conseil de sécurité de l’ONU, jugeant le comité des Vingt-Quatre obsolète. Un tournant diplomatique majeur.
Pourquoi le Maroc veut-il rompre avec le comité des Vingt-Quatre ?
Le Maroc cherche désormais à transférer la gestion du dossier du Sahara du comité des Vingt-Quatre vers le Conseil de sécurité des Nations Unies, selon Hespress. Omar Hilale, émissaire fixe du Royaume auprès de l’ONU, a affirmé que ce comité est devenu obsolète pour traiter la question sahraouie. L’objectif est clair : sortir d’une logique de procédure héritée de la “guerre froide” pour passer à un cadre décisionnel plus direct et politique.
Cette volonté s’appuie sur la conviction que le plan d’autonomie sous souveraineté marocaine constitue l’unique solution viable et acceptable. En déplaçant le centre de gravité des discussions, Rabat souhaite éviter les blocages bureaucratiques d’un comité dont la composition et le fonctionnement ne reflètent plus les réalités géopolitiques actuelles. L’expert Buraq Shadi Abdel Salam perçoit d’ailleurs cette évolution comme une rupture de procédure nécessaire pour mettre fin à la tutelle du comité des Vingt-Quatre.
Pour toi qui suis l’actualité depuis l’étranger, ce changement de stratégie montre que le Maroc ne veut plus simplement “gérer” le conflit via des mécanismes de surveillance, mais forcer une résolution définitive. C’est un signal fort envoyé à la communauté internationale : le temps des discussions circulaires est terminé.
Quel est le rôle du Conseil de sécurité dans ce basculement ?
Le transfert vers le Conseil de sécurité repose sur une logique juridique précise. Selon Hespress, le Maroc considère que la référence légale et décisionnelle doit désormais être exclusivement entre les mains de l’organe exécutif le plus puissant de l’ONU. Ce mouvement s’appuie implicitement sur les prérogatives du Conseil de sécurité en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationale (art. 24 Charte des Nations Unies).
Le Conseil de sécurité a le pouvoir d’adopter des résolutions contraignantes, contrairement aux recommandations ou rapports d’un comité technique. En déplaçant le débat, Rabat mise sur ses soutiens diplomatiques croissants, notamment parmi les membres permanents et non permanents du Conseil. L’idée est de transformer le soutien politique (reconnaissance de la souveraineté) en une réalité procédurale onusienne.
Pour la diaspora, cela signifie que le dossier ne sera plus traité comme un simple litige territorial à surveiller, mais comme un enjeu de stabilité régionale. Si le Conseil de sécurité prend le relais exclusif, la pression sur les pays membres pour prendre position devient beaucoup plus immédiate et visible.
Pourquoi ce changement influence-t-il ton pays d’accueil ?
Le déplacement du dossier vers le Conseil de sécurité modifie la dynamique des relations bilatérales entre le Maroc et les puissances européennes. Lorsque le débat se cristallise au sein du Conseil de sécurité, les pays membres (comme la France, l’Espagne ou le Royaume-Uni) doivent aligner leur vote et leur discours officiel. Cela réduit la marge de manœuvre pour maintenir des positions ambiguës ou “équilibrées” qui ne satisfont personne.
Tu le remarqueras sans doute dans les débats publics ou les médias de ton pays de résidence : plus le Maroc gagne du terrain au sein du Conseil de sécurité, plus les gouvernements européens sont poussés à clarifier leur soutien au plan d’autonomie. Cette accélération diplomatique peut créer des tensions ou, au contraire, stabiliser les accords commerciaux et de sécurité entre l’UE et le Royaume.
Pour toi, binational vivant en Europe, cela peut se traduire par une visibilité accrue du sujet dans ton environnement professionnel ou social. La reconnaissance internationale du Sahara marocain n’est plus seulement une question de symboles, mais devient un pivot des relations diplomatiques et économiques entre ton pays d’accueil et ta terre d’origine.
Ce qu’il faut retenir pour ton quotidien
Ce basculement procédural signifie que le Maroc accélère sa stratégie de “fait accompli” diplomatique. Pour toi, cela implique d’être attentif aux prochaines résolutions du Conseil de sécurité. Si le transfert est acté, le dossier sortira de la sphère technique pour entrer pleinement dans la sphère politique. Anticipe des débats plus vifs dans ton pays de résidence, car chaque vote à l’ONU aura un impact direct sur la perception du Maroc et de sa diaspora.
Pour aller plus loin
→ Le Sahara dans les relations Maroc-Europe
Moriginals — 2026-05-31