Mission française à Casa : le scandale des chantiers fantômes
12 000 familles de la mission française à Casablanca dénoncent l'absence de travaux malgré 15 millions d'euros collectés. L'AEFE est sous pression.
En 10 secondes : 12 000 familles de la mission française à Casablanca dénoncent l’absence de travaux malgré 15 millions d’euros collectés. L’AEFE est sous pression.
Pourquoi les parents d’élèves de Casablanca sont-ils en colère ?
Trois associations de parents d’élèves (PEEP Maroc, UCPE/FCPE et APEEF) dénoncent un immobilisme total concernant les chantiers scolaires du pôle Casablanca-Mohammedia, selon L’Économiste. Ces organisations, qui représentent environ 12 000 familles, pointent du doigt l’absence de concrétisation du projet immobilier SPSI 3 (Schéma Pluriannuel de Stratégie Immobilière) prévu pour la période 2022-2026. Ce plan devait moderniser et étendre les établissements Anatole France, Théophile Gautier, Bizet et Ernest Renan.
Le cœur du problème réside dans le décalage entre les promesses et la réalité du terrain. Alors que l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) s’était engagée en novembre 2025 à faire adopter ce plan par son conseil d’administration au début de l’année 2026, le constat en mai 2026 est sans appel : aucun chantier n’a démarré. Cette situation crée un climat de tension extrême entre les familles et l’administration scolaire.
Pour toi qui as des enfants scolarisés dans le réseau français au Maroc, ce dossier est crucial. Il ne s’agit pas seulement de briques et de béton, mais de la qualité d’accueil et de sécurité des élèves. Lorsque les infrastructures stagnent alors que la population scolaire augmente, c’est la qualité pédagogique et le confort quotidien de tes enfants qui en pâtissent.
Où est passé l’argent des frais de scolarité ?
Le montage financier du projet SPSI 3 soulève des questions majeures. Selon L’Économiste, le budget initial estimé en 2021 était de 16 millions d’euros. Aujourd’hui, le coût total du projet serait remonté à près de 21 millions d’euros. Ce qui choque les parents, c’est l’origine du financement : ils affirment avoir contribué à hauteur de 15 millions d’euros via des hausses successives des frais de scolarité.
Cette situation est d’autant plus frustrante que les familles ont accepté de payer plus cher en pensant financer des améliorations concrètes et immédiates. L’absence de travaux, malgré l’accumulation de ces fonds, donne l’impression d’une gestion opaque ou d’une incapacité administrative à transformer des ressources financières en infrastructures réelles. La circulaire AEFE N°2022-04, qui encadre normalement ces processus, semble ici insuffisante pour garantir la transparence et l’exécution des travaux.
Si tu fais partie de la diaspora et que tu finances l’éducation de tes enfants dans le réseau AEFE, tu sais que les frais de scolarité représentent un poste budgétaire massif. Voir ces sommes être collectées sans retour visible sur les infrastructures est un signal d’alerte. Cela pose la question de la gouvernance des établissements français hors France et de la responsabilité de l’agence centrale.
Comment l’AEFE justifie-t-elle ce retard ?
L’administration se trouve dans une position délicate. L’engagement pris en novembre 2025 était clair : l’adoption du SPSI 3 devait intervenir début 2026. Or, le mois de mai 2026 est arrivé sans qu’aucune validation officielle ne soit actée. Ce manquement aux promesses renforce le sentiment d’être “menés en bateau” chez les parents d’élèves.
Le passage d’un budget de 16 à 21 millions d’euros suggère soit une mauvaise évaluation initiale des coûts, soit une inflation galopante des prix de construction au Maroc, soit des modifications de plans non communiquées. Dans tous les cas, le manque de communication transparente de l’AEFE transforme un problème technique de chantier en crise de confiance politique et sociale. Les associations de parents ne demandent plus seulement des dates, mais des comptes précis sur l’utilisation des fonds.
Pour toi, cela signifie que le “label” AEFE ne suffit plus à garantir une gestion fluide. La complexité administrative entre Paris (le siège) et Casablanca (le terrain) crée des zones d’ombre. Il devient essentiel pour tout parent MRE de ne plus considérer les frais de scolarité comme une simple facture, mais comme un investissement dont il doit exiger le retour en termes de services et d’équipements.
Ce qu’il faut retenir pour ton quotidien
Si tu as un enfant scolarisé dans une mission française au Maroc, tu subis peut-être déjà les conséquences de ce manque d’espace. L’impact est direct : classes surchargées, manque de salles spécialisées ou infrastructures vétustes.
L’action immédiate pour toi est simple : ne reste pas passif. Rapproche-toi de l’association de parents d’élèves (APE) de ton établissement. Demande explicitement où en est l’adoption du SPSI 3 et comment les hausses de frais de scolarité subies ces dernières années ont été affectées. La force du collectif est le seul levier efficace face à une structure comme l’AEFE. Vérifie régulièrement les canaux officiels et les comptes-rendus des conseils d’établissement.
Pour aller plus loin
→ Guide scolaire MRE : écoles françaises au Maroc
Moriginals — 2026-06-01