Soufisme au féminin : Rabat réhabilite un patrimoine oublié
Rabat accueille le 1er Congrès international du soufisme au féminin les 10 et 11 juin 2026 pour sortir de l'ombre 150 millions de fidèles.
En 10 secondes : Rabat accueille le 1er Congrès international du soufisme au féminin les 10 et 11 juin 2026 pour sortir de l’ombre 150 millions de fidèles.
Qu’est-ce que le 1er Congrès international du soufisme au féminin ?
Rabat accueille les 10 et 11 juin 2026 le tout premier Congrès international dédié au soufisme au féminin, selon le média Aujourd’hui. Cet événement majeur est porté par l’Académie du Royaume du Maroc, en collaboration étroite avec l’ONG internationale Waliyat, dont le siège est basé à Paris. Sous le thème « Éveiller la mémoire, éclairer l’avenir », ce rassemblement vise à documenter et à célébrer la place des femmes dans la spiritualité soufie, une dimension longtemps restée dans l’ombre des récits officiels.
Le congrès réunit près de vingt nationalités et une quarantaine de personnalités de haut niveau, incluant des chercheuses, des spirituelles et des intellectuelles. L’objectif est clair : transformer une pratique souvent vécue dans l’intimité ou le secret en une reconnaissance institutionnelle et académique. Il s’agit de passer d’une transmission orale et domestique à une visibilité internationale assumée.
Pour toi qui fais partie de la diaspora, cet événement marque un tournant. Il ne s’agit pas seulement d’un colloque académique, mais d’une validation culturelle d’un héritage que beaucoup de femmes marocaines à l’étranger portent en elles sans toujours pouvoir le nommer ou le théoriser.
Pourquoi parler de 150 millions de femmes invisibilisées ?
Le soufisme mondial compterait environ 150 millions de fidèles féminines, d’après les organisateurs cités par Aujourd’hui. Malgré ce chiffre colossal, la visibilité historique des femmes dans les voies soufies est restée extrêmement faible. La majorité des archives et des chroniques spirituelles ont été rédigées par des hommes, reléguant les femmes au rôle de disciples silencieuses ou de figures marginales, alors qu’elles ont souvent été des piliers de la transmission spirituelle.
Cette invisibilisation n’est pas due à une absence de pratique, mais à un déficit de documentation. Les femmes ont pratiqué le soufisme dans des espaces non institutionnalisés, créant des réseaux de solidarité et de spiritualité parallèles. Le congrès de Rabat tente donc de combler ce vide en mettant en lumière des figures féminines oubliées et en analysant comment le leadership spirituel féminin a influencé les sociétés musulmanes à travers les siècles.
Si tu as grandi dans une famille où la spiritualité était portée par ta grand-mère ou ta mère, à travers des chants, des prières ou une éthique de compassion, tu touches ici à l’essence de ce patrimoine. Ce congrès vient confirmer que ton héritage familial s’inscrit dans un courant mondial puissant et structuré.
Quel est l’enjeu de ce partenariat entre Rabat et Paris ?
L’alliance entre l’Académie du Royaume du Maroc et l’ONG Waliyat, basée à Paris, souligne la dimension transnationale de cette quête identitaire. En associant une institution étatique marocaine et une organisation internationale installée au cœur de la diaspora européenne, les organisateurs reconnaissent que le soufisme féminin ne s’arrête pas aux frontières du Maroc. Il voyage, s’adapte et se transforme dans les métropoles occidentales où vivent des millions de binationaux.
Cette synergie permet de croiser les regards : l’approche académique et historique du Maroc rencontre l’expérience vécue des femmes de la diaspora à Paris et ailleurs. Cela crée un pont entre la tradition ancestrale et les défis contemporains des femmes musulmanes en Occident, notamment sur les questions d’émancipation spirituelle et de transmission culturelle aux nouvelles générations.
Pour toi, ce partenariat est le signe que ta double culture est un atout. La spiritualité soufie, dans sa version féminine, devient un espace de médiation où tu peux concilier ton identité de femme moderne et ton attachement à des racines spirituelles profondes, sans avoir à choisir entre les deux.
Pourquoi ça te concerne ?
Si tu es une femme de la diaspora engagée dans des réseaux culturels ou spirituels, ce congrès révèle une dimension fondamentale de ton héritage. Longtemps, on t’a peut-être présenté le soufisme comme un domaine réservé aux hommes ou aux cercles fermés. Ce mouvement de reconnaissance te redonne une place légitime dans l’histoire spirituelle de ton pays.
C’est l’opportunité de reconnecter ton identité féminine à un patrimoine vivant. En comprenant que des millions de femmes ont tracé le chemin avant toi, tu peux nourrir ton propre engagement dans ta communauté actuelle. Que ce soit à travers l’art, l’éducation ou le soutien social, le soufisme au féminin propose une voie de leadership basée sur l’éthique, l’ouverture et la bienveillance.
Le réflexe Moriginal : ne vois pas ce congrès comme un événement lointain à Rabat, mais comme une invitation à explorer tes propres archives familiales. Pose des questions à tes aînées sur leur rapport à la spiritualité ; tu découvriras sans doute que tu es l’héritière d’une lignée de femmes spirituelles dont le nom n’est pas dans les livres, mais dont l’influence est dans ton ADN.
Pour aller plus loin
→ Le soufisme, héritage féminin oublié de la diaspora
Moriginals — 2026-06-09