Aide sociale au Maroc : le cumul avec un emploi CNSS bientôt autorisé
Le projet de loi 41.26 permet désormais de cumuler l'aide sociale directe et un salaire déclaré à la CNSS durant une phase transitoire pour encourager…
En 10 secondes : Le projet de loi 41.26 permet désormais de cumuler l’aide sociale directe et un salaire déclaré à la CNSS durant une phase transitoire pour encourager le travail formel.
Qu’est-ce que le projet de loi 41.26 change concrètement ?
Le gouvernement marocain s’oriente vers l’autorisation du cumul entre l’aide sociale directe et un emploi déclaré à la CNSS, selon le média Alyaoum24. Ce nouveau texte, enregistré sous le numéro de projet de loi 41.26, vient modifier la loi 58.23 qui encadre le système d’aide sociale directe. L’objectif est simple : supprimer le “piège à pauvreté” où un bénéficiaire refusait un emploi formel de peur de perdre instantanément son allocation mensuelle.
Fouzi Lekjaa, ministre du Budget, a présenté ce projet devant la commission de l’enseignement, des affaires culturelles et sociales de la Chambre des conseillers. Le texte prévoit notamment l’instauration d’une période transitoire. Ce laps de temps permet au travailleur de stabiliser ses revenus salariaux avant que l’aide sociale ne soit progressivement supprimée ou ajustée, évitant ainsi une chute brutale du niveau de vie lors du passage au secteur formel (art. 12 projet de loi 41.26).
Pour la diaspora, cette mesure est un signal fort. Elle montre que le pays cherche à formaliser son marché du travail. Si tu accompagnes des proches au pays dans leur insertion professionnelle ou si tu envisages toi-même un retour avec une activité salariée, cette flexibilité réduit l’incitation au travail informel. On ne choisit plus entre la sécurité d’un salaire déclaré et le filet de sécurité de l’État.
Pourquoi cette réforme cible-t-elle le travail déclaré à la CNSS ?
L’enjeu majeur pour le Maroc est l’extension de la couverture sociale et la lutte contre l’informalité. Jusqu’ici, selon la loi 58.23 (notamment l’art. 18), l’aide sociale était strictement réservée aux ménages répondant à des critères de précarité précis, souvent incompatibles avec un salaire déclaré. Cela poussait certains bénéficiaires à accepter des emplois “au noir”, sans protection sociale, pour conserver leurs droits aux aides directes.
Le projet de loi 41.26 introduit donc une allocation exceptionnelle au profit des familles pour faciliter cette transition. En permettant le cumul temporaire, l’État incite le salarié à s’immatriculer à la CNSS. C’est un calcul stratégique : le bénéficiaire gagne en protection sociale à long terme (retraite, assurance maladie AMO) tout en maintenant son pouvoir d’achat immédiat grâce à l’aide sociale.
Pour toi qui suis l’évolution du droit social marocain, c’est une étape vers une modernisation du système de protection. Le passage au formel devient moins risqué. La diaspora, souvent très attentive à la protection sociale de ses parents ou frères et sœurs restés au pays, peut désormais encourager la déclaration des salaires sans craindre que cela ne fragilise le budget familial à court terme.
Pourquoi ça te concerne même si tu vis à l’étranger ?
L’impact pour la diaspora est double : financier et familial. Beaucoup de MRE soutiennent financièrement des parents ou des membres de leur famille qui bénéficient de l’aide sociale directe au Maroc. Si un membre de ta famille trouve un emploi déclaré, cette réforme évite que ton aide financière personnelle ne doive augmenter pour compenser la perte soudaine de l’allocation étatique.
De plus, pour les binationaux qui souhaitent s’installer au Maroc et lancer des projets employeurs, savoir que tes futurs salariés ne seront pas pénalisés par la perte de leurs aides sociales facilite le recrutement formel. Tu encourages ainsi un cercle vertueux de légalité et de protection sociale.
Enfin, cette mesure renforce la cohérence du système global. En liant aide sociale et CNSS via une phase de transition, le Maroc aligne ses pratiques sur des standards plus modernes de gestion des transferts sociaux. C’est une garantie supplémentaire que le pays structure son économie pour être plus attractive et protectrice, tant pour ceux qui y sont nés que pour ceux qui y reviennent.
Ce qu’il faut retenir en pratique
Si tu as des proches bénéficiaires de l’aide sociale directe au Maroc, conseille-leur de ne plus refuser un contrat CNSS par peur de perdre leurs droits. Une fois le projet de loi 41.26 définitivement adopté, ils pourront cumuler les deux revenus pendant la période transitoire. Le réflexe Moriginal : vérifier systématiquement l’immatriculation à la CNSS dès la signature du contrat pour activer les droits à la protection sociale tout en maintenant le dossier d’aide sociale à jour.
Pour aller plus loin
→ Guide social MRE : droits, aides et protection au Maroc
Moriginals — 2026-06-04