IS : 1,2 milliard DH non récupérés par les entreprises marocaines
Les restitutions d'IS ont chuté de 50 % en un an, tombant à 1,2 Md DH fin mars 2026. Si tu diriges une boîte au Maroc, ton cash dort peut-être aux impôts.
En 10 secondes : Les restitutions d’IS ont chuté de 50 % en un an, tombant à 1,2 Md DH fin mars 2026. Si tu diriges une boîte au Maroc, ton cash dort peut-être aux impôts.
Pourquoi les remboursements d’IS s’effondrent-ils en 2026 ?
Le montant des restitutions d’impôt sur les sociétés (IS) n’a pas dépassé 1,2 milliard DH à la fin du mois de mars 2026, selon Hespress. Ce chiffre marque une chute brutale par rapport à la même période l’année précédente, où la Direction générale des impôts (DGI) avait restitué 2,54 milliards DH. On observe donc une baisse supérieure à 50 % des remboursements en seulement douze mois.
Cette situation ne signifie pas nécessairement que les entreprises ont moins de crédits d’impôt, mais plutôt qu’elles ne les réclament plus ou ne savent pas comment le faire. D’après L’Économiste, un volume considérable d’excédents de trésorerie reste immobilisé dans les caisses de l’État faute de démarches administratives actives. Ce manque à gagner fragilise la liquidité des entreprises, particulièrement dans un contexte où le coût du financement reste élevé.
Pour toi qui gères une structure au Maroc depuis l’étranger, ce constat est alarmant : l’administration ne rend pas l’argent spontanément. Si ton comptable ne suit pas strictement les cycles de restitution, ton entreprise “offre” involontairement un prêt sans intérêt à l’État marocain.
Comment récupérer ton crédit d’impôt sur les sociétés ?
La récupération d’un excédent d’IS repose sur le mécanisme du crédit d’impôt, encadré notamment par la loi 16-00. Ce crédit apparaît lorsque les acomptes versés durant l’exercice sont supérieurs à l’impôt réellement dû après clôture du bilan. Selon L’Économiste, de nombreux directeurs financiers négligent l’audit de ces comptes, laissant ainsi dormir des sommes qui pourraient financer l’investissement ou le fonds de roulement.
Le processus technique s’appuie sur l’article 73 du Code Général des Impôts (art. 73 CGI-MA), qui définit les conditions de restitution des crédits d’impôts. Pour obtenir ce remboursement, l’entreprise doit formuler une demande explicite auprès de la DGI, accompagnée des justificatifs comptables prouvant l’excédent. La rapidité de traitement dépend souvent de la qualité du dossier et de la conformité des déclarations fiscales précédentes.
L’enjeu pour la diaspora est ici critique. La distance géographique conduit souvent à une confiance aveugle envers les fiduciaires locales. Or, si ton prestataire ne déclenche pas la procédure de restitution, l’argent reste bloqué. Un audit flash de tes bilans 2024 et 2025 est indispensable pour identifier si tu es “assis sur un trésor” sans le savoir.
Quelles sont les conséquences de cette baisse pour la diaspora ?
La chute des restitutions à 1,2 milliard DH révèle un problème de culture financière et administrative. Pour les MRE qui investissent dans le tissu productif marocain, cette inertie est un risque majeur. L’argent immobilisé à la DGI est un capital qui ne travaille pas, freinant ainsi la capacité d’autofinancement de tes projets au Maroc.
L’Économiste souligne que les directeurs financiers sont désormais invités à activer les démarches administratives pour récupérer ces fonds. Pour un entrepreneur binational, cela implique de sortir d’une gestion passive. La loi 16-00 impose des délais de réclamation ; attendre trop longtemps, c’est prendre le risque de voir ton droit à restitution s’éteindre par prescription.
L’impact est double : d’une part, une perte de trésorerie immédiate, et d’autre part, une dégradation de la rentabilité réelle de ton investissement. Si tu comptes réinjecter des dividendes ou financer une extension d’activité, commencer par récupérer ton crédit d’IS est la stratégie la plus rentable, car elle ne nécessite aucun nouvel apport de capital.
Ce qu’il faut retenir pour ton entreprise
Si tu es actionnaire ou dirigeant d’une entreprise marocaine, tu dois vérifier immédiatement tes déclarations fiscales 2024 et 2025. Ne suppose pas que ton comptable a fait la demande : exige une preuve du dépôt de la demande de restitution auprès de la DGI.
L’action concrète : demande un état précis de tes crédits d’impôt non récupérés. Si un solde positif apparaît, lance la procédure de remboursement avant la fin de l’année 2026 pour éviter tout blocage administratif ou prescription liée à la loi 16-00.
Pour aller plus loin
→ Guide fiscal des entrepreneurs MRE
Moriginals — 2026-06-19