Hicham Benohoud : l'école marocaine s'expose à la Nuit des Musées
L'Atelier 21 expose la série culte « La salle de classe » de Hicham Benohoud pour la 5e Nuit des Musées. Un voyage visuel entre 1994 et 2002.
En 10 secondes : L’Atelier 21 expose la série culte « La salle de classe » de Hicham Benohoud pour la 5e Nuit des Musées. Un voyage visuel entre 1994 et 2002.
Qu’est-ce que la série « La salle de classe » de Hicham Benohoud ?
L’Atelier 21 participe à la 5e édition de la Nuit des Musées le 23 juin 2026 en mettant à l’honneur une sélection d’œuvres de Hicham Benohoud, selon le média Aujourd’hui. Le cœur de l’exposition repose sur la série « La salle de classe », un projet photographique majeur réalisé entre 1994 et 2002 au sein d’un lycée de Marrakech. L’artiste n’a pas simplement photographié des élèves, il a collaboré avec eux pour construire des images qui questionnent la structure même de l’enseignement.
Cette œuvre a marqué un tournant décisif, car elle a révélé Hicham Benohoud sur la scène artistique internationale, d’après la même source. En 2025, l’importance historique de ce travail a été consacrée par l’attribution du Paris Photo Aperture Photo Book Award à la monographie « The Classroom ». Cette reconnaissance mondiale souligne la force d’un regard qui transforme un espace banal — la classe — en un laboratoire social et esthétique.
Pour toi qui suis l’évolution de l’art marocain depuis l’étranger, cette série est fondamentale. Elle ne se contente pas de documenter une époque, elle analyse comment on apprend, comment on obéit et comment on s’émancipe. C’est une porte d’entrée idéale pour comprendre la transition du Maroc vers une modernité critique, où l’image devient un outil de réflexion sur la transmission du savoir.
Pourquoi cette exposition tombe-t-elle à un moment symbolique ?
L’exposition s’inscrit dans un calendrier culturel dense, marqué notamment par le 200e anniversaire de l’invention de la photographie en 2026. En choisissant d’exposer Benohoud lors de la Nuit des Musées, l’Atelier 21 rappelle que la photographie marocaine a su sortir du simple cadre exotique pour embrasser une démarche conceptuelle et analytique.
La série « La salle de classe » est particulièrement pertinente aujourd’hui car elle explore la tension entre l’ordre institutionnel et la créativité individuelle. En utilisant des élèves comme co-créateurs, Benohoud a brisé la hiérarchie traditionnelle photographe/sujet. Ce processus créatif, étalé sur huit ans, montre une patience et une rigueur qui font de lui l’un des piliers de la photographie contemporaine du pays.
Si tu es actuellement en Europe ou ailleurs dans la diaspora, cette approche peut faire écho à ton propre parcours scolaire, souvent partagé entre deux systèmes éducatifs. Le regard de Benohoud sur l’école marocaine des années 90 nous force à nous demander : qu’est-ce qui reste de cet apprentissage une fois qu’on a quitté le territoire ? L’œuvre devient alors un miroir de notre propre nostalgie et de notre besoin de comprendre les racines de notre formation intellectuelle.
Pourquoi ça te concerne, toi qui vis à l’étranger ?
L’œuvre de Hicham Benohoud parle directement à la diaspora car elle traite de l’identité, du cadre et de la norme. Pour les MRE qui cherchent à renouer avec un Maroc qui ne soit pas uniquement touristique ou familial, l’art contemporain offre une voie d’accès intellectuelle puissante. Cette exposition te propose de redécouvrir le pays à travers un prisme critique et analytique.
Que tu puisses te rendre physiquement à l’Atelier 21 durant ton prochain séjour ou que tu suives l’actualité culturelle via les réseaux, ton regard d’expatrié est précieux. Ta distance géographique te permet d’appréhender ces images avec un recul différent, transformant la nostalgie d’une salle de classe en une analyse sociologique sur l’éducation et la société marocaine.
L’art est l’un des liens les plus solides pour maintenir une connexion vivante avec le Maroc. En t’intéressant à des artistes comme Benohoud, tu participes à la valorisation d’un patrimoine immatériel qui dépasse les frontières. C’est une invitation à ne pas voir le Maroc comme un souvenir figé, mais comme un espace de création et de questionnement permanent.
Ce qu’il faut retenir pour ton prochain voyage
Si tu prévois un passage au Maroc durant la période des festivals culturels, intègre les galeries d’art comme l’Atelier 21 dans ton itinéraire. Ne te limite pas aux musées classiques ; c’est dans ces espaces contemporains que se joue la redéfinition de l’image du Maroc moderne.
Le réflexe Moriginal : profite de ton séjour pour explorer les centres d’art contemporain et, si possible, acquire some prints ou monographies comme « The Classroom ». C’est le meilleur moyen de rapporter avec toi un morceau de l’intellect marocain et de partager cette richesse culturelle avec ton entourage dans ton pays de résidence.
Pour aller plus loin
→ Art contemporain marocain : les voix de la diaspora
Moriginals — 2026-06-23