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CNSS : 3 plaintes de salariés qui ont coulé des MRE

Salarié non déclaré, sous-déclaration, inspection du travail : comment un MRE peut perdre son entreprise au Maroc. Coûts réels et solutions.

Par Yazid El-Wali 16 mars 2026 14 min de lecture
Youssef, 28 ans — CNSS quand ton salarié te tombe dessus
Youssef, 28 ans — CNSS quand ton salarié te tombe dessus

CNSS : 3 plaintes de salariés qui ont coulé des MRE

Youssef avait tout calculé. 28 ans, nomade digital, il avait quitté Barcelone pour ouvrir un restaurant fusion à Tanger. 800 000 DH (~72 727 EUR) d’économies, un concept original, une clientèle qui montait. Deux ans plus tard, ce n’est pas la cuisine qui l’a coulé. C’est un serveur non déclaré qui, après un licenciement mal géré, a déposé plainte à la CNSS (Caisse Nationale de Sécurité Sociale). En trois mois, Youssef a encaissé un contrôle inopiné, un redressement sur 4 ans, une plainte pénale pour travail dissimulé, et une ardoise de 350 000 DH. Son restaurant n’a pas survécu.

Cette histoire, des dizaines de MRE (Marocains Résidant à l’Étranger) la vivent chaque année. Et elle commence toujours par la même phrase : « Mon comptable m’a dit de déclarer tout le monde au SMIG. »


Le mécanisme : pourquoi ça explose

Trois textes, trois sanctions — et personne ne te l’explique

Le piège fondamental du droit social marocain, c’est qu’il n’existe pas de définition unifiée du « travail dissimulé » comme en France (art. L8221-1 Code du travail français). Au Maroc, les sanctions sont dispersées entre trois textes distincts, et elles se cumulent.

Premier texte : le dahir n° 1-72-184 du 27 juillet 1972 (régime de sécurité sociale). L’amende pour non-immatriculation d’un salarié : 50 à 600 DH par salarié, plafonné à 20 000 DH (art. 72, modifié par la loi 17-02). Ce montant est dérisoire — et n’a pas été revalorisé depuis 2004.

Deuxième texte : la loi 65-00 (code de la couverture médicale de base, AMO). L’amende pour défaut d’affiliation : 5 000 à 50 000 DH — amende globale, pas par salarié.

Troisième texte : la loi 18-12 (accidents du travail). Le défaut d’assurance AT : 50 000 à 100 000 DH (art. 29).

Ce qu’on te dit pas Tout le monde cite « amende CNSS de 50 000 DH ». Tout le monde se trompe. L’amende du dahir (sécurité sociale stricto sensu), c’est 600 DH max par salarié. Les 50 000 DH, c’est un autre texte — la loi AMO. Cette confusion est universelle et jamais corrigée. Résultat : tu sous-estimes le vrai risque ou tu le surestimes au mauvais endroit.

Et à ces amendes s’ajoute le vrai coup de massue : le redressement rétroactif des cotisations sur 4 ans de prescription (art. 28 dahir 1-72-184), avec majorations de retard de 3 % le premier mois puis 0,5 % par mois supplémentaire (loi 54.23, en vigueur depuis le 1er avril 2025).

Le profil MRE : structurellement exposé

Tu n’es pas un employeur informel ordinaire. Tu gères une entreprise formelle. Tu fais des virements bancaires traçables depuis l’Europe. Tu es immatriculé au registre de commerce, à la taxe professionnelle, à la DGI (Direction Générale des Impôts).

Depuis la convention d’échange électronique CNSS-DGI du 6 avril 2022, les deux administrations croisent leurs fichiers automatiquement via l’ICE (Identifiant Commun de l’Entreprise). Si tes déclarations d’IR (impôt sur les revenus) montrent une masse salariale de 200 000 DH par an et que tu ne déclares que 80 000 DH à la CNSS, l’incohérence saute aux yeux. Tu n’as même pas besoin d’un salarié mécontent — l’algorithme suffit.

Mais la plainte d’un salarié reste le déclencheur le plus fréquent (art. 72 dahir 1-72-184). Et elle déclenche un relevé du personnel inopiné : les agents CNSS se présentent sans prévenir pendant les heures d’ouverture pour compter les salariés présents et les comparer aux déclarations (art. 16 dahir 1-72-184).

Les missions de contrôle CNSS sont passées de 541 en 2021 à 8 364 en 2023 — une multiplication par 15 en deux ans. En 2023, 115 000 salariés ont été régularisés pour 3,5 milliards DH de cotisations récupérées. Ce n’est plus théorique.


L’effet domino : ce que ça a coûté à Youssef

Revenons à Youssef. Restaurant à Tanger, 6 salariés sur 2 ans : 1 chef cuisinier à 8 000 DH, 3 serveurs à 4 000 DH, 1 plongeur au SMIG (3 267 DH en 2025), 1 caissière à 4 500 DH. Tous déclarés au SMIG — « conseil » de son comptable local.

Masse salariale réelle vs déclarée

PosteSalaire réel (DH/mois)Salaire déclaré (DH/mois)Différentiel
Chef cuisinier8 0003 2674 733
Serveur 14 0003 267733
Serveur 24 0003 267733
Serveur 34 0003 267733
Plongeur3 2673 2670
Caissière4 5003 2671 233
Total mensuel27 76719 6028 165
Écart entre salaires réels et déclarés dans le restaurant de Youssef

Cotisations éludées sur 2 ans

Différentiel mensuel : 8 165 DH. Cotisations totales (patronales + salariales) : 27,83 % (dahir 1-72-184 + loi 65-00). Cotisations éludées par mois : 8 165 x 27,83 % = 2 272 DH. Sur 24 mois : 54 528 DH (~4 957 EUR).

L’« économie » de Youssef : 54 528 DH en 2 ans.

Ce que le contrôle lui a coûté

Quand le serveur licencié a porté plainte, la CNSS a déclenché un relevé du personnel, puis un examen documentaire. Le redressement couvre les 2 années complètes.

PosteMontant (DH)Montant (EUR)
Redressement cotisations (2 ans)54 5284 957
Majorations de retard (~15 % sur 2 ans)8 179744
Amende non-immatriculation (dahir art. 72 : 6 x 600 DH)3 600327
Amende fausses déclarations (dahir art. 73-74)10 000909
Amende défaut AMO (loi 65-00)25 0002 273
Amende défaut assurance AT (loi 18-12 art. 29)75 0006 818
Sous-total sanctions176 30716 028
Cumul des sanctions CNSS, AMO et AT pour le restaurant de Youssef

Mais ce n’est pas fini.

Le contentieux prud’homal

Le serveur licencié ne s’est pas contenté de la CNSS. Il a saisi la chambre sociale du TPI (Tribunal de Première Instance) de Tanger.

PosteCalculMontant (DH)
Indemnité de licenciement2 ans x 96h x (4 000/191)4 021
D&I licenciement abusif (art. 41 loi 65-99)1,5 x 2 x 4 00012 000
Préavis (1 mois, employé < 5 ans)1 x 4 0004 000
Total contentieux20 021
Indemnités dues au serveur licencié par le TPI de Tanger

L’addition finale

PosteMontant (DH)Montant (EUR)
Cotisations redressées54 5284 957
Sanctions et amendes cumulées121 77911 071
Contentieux prud’homal20 0211 820
Honoraires avocat15 0001 364
TOTAL211 32819 212
« Économie » tentée54 5284 957
Ratio coût/économie3,9x
Coût total du redressement pour Youssef vs économie tentée

Youssef a « économisé » 54 528 DH en 2 ans. Il a payé 211 328 DH.

Son restaurant tournait avec une marge nette de 15 000-20 000 DH par mois. L’ardoise représente 10 à 14 mois de bénéfice net. Rideau.

Piège L’amende AT (défaut d’assurance accident du travail) représente à elle seule 75 000 DH — plus que toutes les autres sanctions réunies. C’est le piège le plus négligé. L’assurance AT coûte environ 1-2 % de la masse salariale, soit ~5 500 DH/an pour l’équipe de Youssef. Ne pas la souscrire, c’est économiser 5 500 DH pour s’exposer à 75 000 DH d’amende — sans compter les indemnités illimitées si un salarié se blesse.


Le cas qui fait mal : Moussa et la rétention de part salariale

Moussa, 33 ans, Sénégalais installé à Casablanca, a monté un petit atelier de confection textile. Trois couturières, un livreur. Un modèle simple, un CA de 35 000 DH par mois. Moussa déclare ses salariées — il a compris que c’est obligatoire. Mais la trésorerie est serrée. Alors il retient les 6,74 % de part salariale sur les salaires… et ne les reverse pas à la CNSS. Pendant 18 mois.

La somme retenue : 4 salariés x 3 500 DH moyen x 6,74 % x 18 mois = 16 934 DH (~1 539 EUR).

Quand une couturière quitte et signale la situation, Moussa découvre l’article 75 du dahir 1-72-184 :

SanctionMontant / Peine
Double cotisation16 934 x 2 = 33 868 DH
Amende pénale5 000-10 000 DH
Emprisonnement6 mois à 3 ans
Sanctions pour rétention de part salariale (art. 75 dahir 1-72-184)

C’est la seule infraction CNSS qui emporte systématiquement une peine d’emprisonnement. La responsabilité est personnelle : c’est Moussa qui est poursuivi, pas sa société.

Pour 1 539 EUR retenus sur 18 mois, Moussa risque la prison.

Piège Beaucoup d’employeurs retiennent la part salariale par défaut de trésorerie, pas par intention frauduleuse. La CNSS ne fait pas la différence. Les relances sont adressées au dirigeant à son adresse personnelle. Le comblement de passif est possible si l’entreprise est en procédure collective.

Ce que Moussa aurait dû faire

Le coût de la conformité pour ses 4 salariés :

  • Part patronale CNSS : 4 x 3 500 x 21,09 % = 2 953 DH/mois
  • Après déductibilité IS à 17,5 % (BNF < 300 000 DH, art. 19-I-A CGI-MA) : 2 436 DH/mois

Soit 2 436 DH/mois de coût réel. Moussa paie environ 7 % de son CA en charges patronales nettes d’impôt. C’est le prix de la sérénité.


Et si tu ne fais rien ? La cascade des conséquences

Le croisement CNSS-DGI : tu es déjà dans le radar

Le 6 avril 2022, la CNSS et la DGI ont signé une convention d’échange électronique. L’ICE — ton identifiant commun d’entreprise — relie tes déclarations fiscales et tes déclarations sociales.

Quatre mécanismes déclenchent un contrôle :

  1. Plainte d’un salarié — le déclencheur le plus fréquent
  2. Croisement automatisé CNSS-DGI — ton IR montre 200 000 DH de masse salariale, ta CNSS en déclare 80 000 ? Drapeau rouge automatique
  3. Contrôle inopiné — les agents CNSS se présentent sans prévenir et comptent les salariés
  4. Signalements externes — autres administrations, partenaires

En 2023, 54,8 % des salariés déclarés à la CNSS percevaient officiellement moins que le SMIG (OMTPME 2023). La CNSS sait que la moitié des déclarations sont fausses. Et elle a multiplié ses contrôles par 15 en deux ans.

Le contentieux social : plus cher que tu ne penses

Le MRE qui pense que « le droit du travail marocain est plus souple qu’en France » se trompe sur un point crucial : les dommages-intérêts pour licenciement abusif.

CritèreFrance (barème Macron)Maroc (art. 41 loi 65-99)
D&I max pour 12 ans d’ancienneté10 mois de salaire18 mois (1,5 x 12)
Plafond absolu~10 mois36 mois
Délai de contestation12 mois90 jours
Comparaison des indemnités de licenciement abusif France vs Maroc

Le plafond marocain de 36 mois de salaire en D&I est 3,6 fois plus élevé que le barème Macron pour la même ancienneté. La charge de la preuve du motif valable pèse sur l’employeur. Et le salarié licencié n’a besoin que de 90 jours pour agir.

Le MRE non-résident n’est pas à l’abri

Tu résides en France, en Belgique, en Espagne ? Ça ne te protège pas. Le TPI du lieu d’exécution du contrat est compétent, quelle que soit ta résidence. Si tu as des biens au Maroc, l’exécution est directe. Si tu n’en as pas, le jugement marocain peut être rendu exécutoire en France via la Convention franco-marocaine du 5 octobre 1957 (Titre II, art. 16-19). Tu peux être cité par voie consulaire.


La bonne nouvelle : la solution existe, et elle coûte moins cher que tu ne crois

Le calcul que personne ne te fait

Les charges patronales CNSS de 21,09 % semblent élevées. Mais elles sont intégralement déductibles du résultat fiscal à l’IS (art. 10 CGI-MA). Pour une société à l’IS de 20 % (BNF entre 300 001 et 1 000 000 DH), le coût réel net des cotisations patronales tombe à ~17 % du brut.

Calcul pour un salarié à 8 000 DH/mois :

PosteMontant brut (DH)Coût réel après IS 20 % (DH)
Charges patronales CNSS (21,09 %)1 6871 350
Assurance AT (~1,5 %)12096
Total mensuel1 8071 446
Total annuel21 68417 347
Coût réel des charges sociales après déductibilité IS pour un salarié à 8 000 DH

1 446 DH par mois. C’est le prix réel de la conformité sociale pour un salarié à 8 000 DH. Soit 18 % du brut — pas 21 %.

Et maintenant, compare avec le ratio de Youssef : 1 DH « économisé » en non-déclaration lui a coûté 3,9 DH en cas de contrôle. L’arbitrage rationnel est limpide.

Le réflexe Moriginal Dès ton premier salarié, ouvre ton espace Damancom (damancom.ma), affilie ton entreprise à la CNSS, immatricule chaque salarié dans le mois qui suit l’embauche (dahir art. 3), et souscris une assurance AT. Coût réel après IS : ~17 % de la masse salariale. Coût de la non-conformité si pris : 2,5 à 4 fois plus.

Comment régulariser si tu es déjà en faute

Étape 1 — Affiliation immédiate

Si ton entreprise n’est pas encore affiliée à la CNSS, fais-le via Damancom (damancom.ma) ou au guichet du CRI (Centre Régional d’Investissement). Le formulaire Réf. 322-1-11 et les pièces justificatives (statuts, CIN, registre de commerce) suffisent. Délai : 1 à 2 semaines.

Étape 2 — Immatriculation de tous les salariés

Chaque salarié doit être immatriculé via le formulaire Réf. 321-1-06. Le numéro CNSS est unique et suit le salarié toute sa carrière. Deux modes de télédéclaration : EFL (saisie manuelle) pour les PME, EDI (fichier logiciel de paie) pour les grandes entreprises.

Étape 3 — Déclaration des salaires réels

Le bordereau de déclaration de salaire (BDS) est mensuel, échéance le 10 du mois suivant. Déclare les salaires réels — pas le SMIG. Le croisement CNSS-DGI rend la sous-déclaration détectable.

Étape 4 — Paiement des arriérés

Les cotisations dues sur la période non déclarée restent exigibles. Les majorations s’appliquent : 3 % le premier mois, puis 0,5 % par mois supplémentaire (loi 54.23). Mais elles sont nettement moins lourdes que le cumul des amendes en cas de contrôle.

Étape 5 — Assurance AT

Souscris une assurance accidents du travail auprès d’un assureur agréé (Sanlam, Wafa, AXA, Atlanta, RMA). Coût : 1 à 2 % de la masse salariale. C’est le poste le plus oublié et celui dont l’absence coûte le plus cher (50 000-100 000 DH d’amende + responsabilité personnelle illimitée).

Ce que tes salariés gagnent — et ce que tu y gagnes

La CNSS n’est pas qu’une contrainte. C’est aussi un outil de fidélisation et de protection.

PrestationCe que le salarié obtient
Pension de retraiteJusqu’à 70 % du salaire plafonné à 6 000 DH/mois (soit 4 200 DH max)
AMO (assurance maladie)70 % du tarif national de référence
Allocations familiales300 DH/mois par enfant (1 à 3), 100 DH (4 à 6)
Indemnité maternité14 semaines de congé
IPE (chômage)70 % du SMIG plafonné, 6 mois max
Prestations CNSS pour le salarié déclaré (barèmes 2025)

La pension CNSS est plafonnée à 4 200 DH/mois (~382 EUR) — ce n’est pas énorme. Mais c’est le minimum vital. Et depuis mai 2025, le seuil d’accès à la pension est passé de 3 240 à 1 320 jours de cotisation (loi 02.24, décret 2.25.265). Tes salariés le savent. Ils vérifient leurs droits sur le portail CNSS. Et si leurs jours cotisés ne correspondent pas à leurs années de travail, ils se posent des questions.

Pour toi en tant qu’employeur : un salarié déclaré est un salarié qui ne porte pas plainte. La conformité CNSS, c’est aussi de la prévention de contentieux.

La CIMR : l’outil que 90 % des MRE ignorent

La CIMR (Caisse Interprofessionnelle Marocaine de Retraite) est la retraite complémentaire du privé au Maroc — l’équivalent de l’AGIRC-ARRCO, mais en facultatif. Tu choisis un taux entre 3 et 12 % du salaire brut. La part patronale = part salariale + 30 %.

Pourquoi c’est stratégique pour toi :

  • Fidélisation : un salarié avec CIMR + CNSS a une vraie perspective de retraite. Il reste.
  • Déductibilité : les cotisations CIMR patronales sont déductibles de l’IS.
  • Solidité : la CIMR a plus de 100 milliards DH de réserves, en hausse — c’est le régime le plus solide du Maroc (résultats 2024, cimr.ma).

Pour en savoir plus sur les charges sociales au Maroc et le coût réel d’un salarié, consulte notre guide complet CNSS et AMO.


La complémentaire santé : l’arme discrète du MRE employeur

L’AMO rembourse 70 % — mais 70 % du tarif national de référence (TNR), pas du prix réel. La TNR n’a pas bougé depuis 2006 (arrêté n° 1961-06). Une consultation spécialiste facturée 400 DH est remboursée 105 DH. Reste à charge réel : 74 %.

Aucune mutuelle complémentaire n’est obligatoire au Maroc pour les employeurs du privé. Mais proposer une complémentaire santé groupe (~200-500 DH/salarié/mois) fait deux choses :

  1. Ça attire les bons profils — un cuisinier qualifié qui a le choix entre toi et un concurrent préfèrera celui qui le couvre correctement
  2. Ça réduit le risque de conflit — un salarié bien couvert a moins de raisons de porter plainte

Le coût : 200-500 DH/salarié/mois (AXA SEHASSUR, Sanlam, contrats groupe). Déductible de l’IS.


Tes prochaines étapes

1. Vérifie ta situation maintenant

Connecte-toi à Damancom (damancom.ma). Vérifie que tous tes salariés sont immatriculés, que les salaires déclarés correspondent aux salaires réels, et que tes cotisations sont à jour. Si tu constates un écart, régularise avant qu’un salarié mécontent ou un algorithme CNSS-DGI ne le fasse pour toi.

2. Souscris une assurance AT

Si tu ne l’as pas encore, c’est la priorité n° 1. L’amende pour défaut d’assurance AT (50 000-100 000 DH, loi 18-12 art. 29) dépasse toutes les autres sanctions cumulées. Et en cas d’accident, la responsabilité est personnelle et illimitée.

3. Fais le calcul de déductibilité avec ton comptable

Demande à ton expert-comptable de te calculer le coût réel net d’IS de tes charges sociales. À l’IS de 20 %, les 21,09 % de charges patronales tombent à ~17 %. Si ton comptable ne connaît pas ce calcul, change de comptable.

4. Consulte un avocat en droit social si tu as des arriérés

Un avocat spécialisé peut négocier un échéancier avec la CNSS et t’éviter les poursuites pénales. Le délai de contestation d’un redressement est de 45 jours — ne le laisse pas passer.

5. Lis le guide complet des charges sociales au Maroc

Notre article #24 — Charges sociales au Maroc : le coût réel d’un salarié détaille les taux, les simulations par niveau de salaire, et les stratégies d’optimisation (CIMR, salaire minimal pour le dirigeant, etc.). C’est ton miroir Light — la solution complète après cet article.


Le mot de la fin

Le droit social marocain n’est pas un piège tendu contre les MRE. C’est un système avec des règles précises, des taux connus, et une logique d’assurance. Le piège, c’est de croire qu’on peut s’en affranchir parce que « tout le monde fait comme ça ».

En 2023, les contrôles CNSS ont été multipliés par 15. Le croisement CNSS-DGI est automatisé. Le seuil de pension a été abaissé à 1 320 jours — tes salariés vérifient désormais leurs droits. Et un seul salarié mécontent suffit à déclencher la cascade.

La conformité CNSS coûte ~17 % de la masse salariale après IS. La non-conformité coûte 2,5 à 4 fois plus si tu te fais prendre. Et elle détruit la confiance de tes salariés, la réputation de ton entreprise, et parfois — comme pour Youssef — l’entreprise elle-même.

Être Moriginal, c’est transformer l’inquiétude en maîtrise. Les règles sont claires. Les coûts sont calculables. La solution est à ta portée.

Partaj m3a khouk li 3andou chi kheddam bla CNSS (Partage avec ton frère qui a des employés sans CNSS) — cet article peut lui éviter une catastrophe.


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Wach 3refti? 1 DH "économisé" en non-déclaration CNSS = 4 DH si contrôle. Les contrôles x15 en 2 ans.
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À propos de l’auteur

Yazid El-Wali — Fondateur de Moriginals. Né en France de parents marocains, naturalisé, il aspire au retour. Entrepreneur avec un parcours en finance, proche des entrepreneurs MRE et de leurs problématiques fiscales, juridiques et patrimoniales.

À propos de Moriginals


Avertissement juridique

Cet article a été rédigé à titre informatif et pédagogique. Il ne constitue en aucun cas un conseil fiscal, juridique ou financier personnalisé.

Les informations présentées sont basées sur les textes en vigueur à la date de dernière mise à jour (voir ci-dessous). La législation évolue : vérifie toujours les textes applicables auprès des sources officielles (cnss.ma, tax.gov.ma).

Pour ta situation personnelle, consulte un professionnel : avocat en droit social, expert-comptable ou fiduciaire habilité.

Moriginals décline toute responsabilité en cas d’utilisation directe des informations contenues dans cet article sans vérification préalable auprès d’un professionnel qualifié.

Publié le 16 mars 2026 — Mis à jour le 16 mars 2026


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Questions fréquentes

Est-ce que je risque la prison si je ne déclare pas mes salariés au Maroc ?

Pas pour la simple non-déclaration — l'amende va de 50 à 600 DH par salarié (art. 72 dahir 1-72-184). La prison (6 mois à 3 ans) ne s'applique que si tu retiens la part salariale sur les salaires sans la reverser à la CNSS (art. 75 dahir 1-72-184). C'est la seule infraction CNSS qui emporte systématiquement une peine d'emprisonnement.

La CNSS peut-elle me redresser sur plusieurs années ?

Oui. La prescription est de 4 ans (art. 28 dahir 1-72-184). La CNSS peut reconstituer toutes les cotisations dues sur l'année en cours et les 4 années précédentes. Si tu sous-déclarais 5 salariés pendant 4 ans, le redressement peut dépasser 300 000 DH.

Mon comptable me dit de déclarer tout le monde au SMIG. C'est risqué ?

Très risqué. La CNSS croise ses fichiers avec la DGI depuis la convention du 6 avril 2022 via l'ICE. Si tes déclarations d'IR montrent une masse salariale supérieure à ce que tu déclares à la CNSS, le redressement est quasi automatique. Les amendes pour fausses déclarations vont de 5 000 à 50 000 DH (loi 65-00).

Un salarié licencié peut-il me poursuivre depuis la France ?

Oui. Le tribunal compétent est le TPI du lieu d'exécution du contrat au Maroc. Le jugement marocain peut être rendu exécutoire en France via la Convention franco-marocaine du 5 octobre 1957 (exequatur, Titre II, art. 16-19). Le fait de résider en France ne te protège pas.

C'est trop tard pour régulariser mes salariés ?

Non. La régularisation est toujours possible via la plateforme Damancom (damancom.ma). Tu paies les cotisations dues + majorations (3 % le 1er mois + 0,5 %/mois, loi 54.23), mais tu évites les poursuites pénales et les amendes cumulées. Le coût réel des cotisations tombe à 14-17 % du brut après déductibilité IS (art. 10 CGI-MA).

Les contrôles CNSS sont-ils vraiment effectifs ou c'est théorique ?

Les missions de contrôle CNSS sont passées de 541 en 2021 à 8 364 en 2023 — multiplication par 15. En 2023, 115 000 salariés ont été régularisés pour 3,5 milliards DH de cotisations récupérées. Le croisement automatisé CNSS-DGI via l'ICE rend la détection systématique.

Que faire si un salarié porte plainte contre moi à la CNSS ?

La plainte déclenche un relevé du personnel inopiné. Les agents CNSS se présentent sans prévenir pour compter les salariés présents (art. 16 dahir 1-72-184). Régularise immédiatement tous les salariés via Damancom, prépare les documents sociaux, et consulte un avocat en droit social. Le délai de contestation du redressement est de 45 jours.

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Yazid El-Wali

Fondateur de Moriginals. Formation en gestion des instruments financiers, programme Goldman Sachs "10,000 Small Businesses" (ESSEC). Ancien banquier et expert-comptable, fondateur de plusieurs CFA en France.