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Taxe MRE Maroc : ce que tu paies vraiment en 2025

Impôts MRE au Maroc : IR foncier, taxes locales, dividendes, plus-values. Barème 2025 complet, abattements, pièges à éviter et cas pratiques chiffrés. Sources vérifiées.

Par Yazid El-Wali 15 mars 2026 14 min de lecture
Karim, 35 ans — Taxe MRE Maroc tout ce que tu dois savoir
Karim, 35 ans — Taxe MRE Maroc tout ce que tu dois savoir

Taxe MRE Maroc : ce que tu paies vraiment en 2025

Tu as un bien au Maroc. Tu le loues, tes parents y vivent, ou il attend ton retour. Tu entends parler de « taxe MRE Maroc » sans jamais savoir exactement combien tu dois, à qui, et surtout ce que tu peux éviter de payer. La LF 2025 a changé les règles : nouveau barème IR, nouvelle option libératoire, nouveaux seuils. La majorité des MRE (Marocains Résidant à l’Étranger) propriétaires d’un seul bien dans une ville moyenne ne doivent plus un centime d’IR foncier au Maroc. Voici le panorama complet de tes impôts MRE Maroc — ce que tu dois, ce que tu ne dois pas, et les pièges que personne ne t’explique.

Tous les montants de cet article sont donnés en MAD et en EUR au taux de référence 1 EUR = 11 MAD.

Combien d’IR foncier paies-tu au Maroc avec le barème 2025 ?

Tes loyers bruts au Maroc sont soumis à l’impôt sur le revenu (IR) au barème progressif marocain. Le mécanisme est simple : tes loyers annuels bénéficient d’un abattement forfaitaire de 40 % (art. 64-II CGI-MA). Le revenu net imposable qui en résulte est soumis au barème progressif, dont la première tranche exonérée est passée de 30 000 à 40 000 DH en 2025 (art. 73-I CGI-MA, modifié par LF n° 60-24).

Résultat concret : si tes loyers bruts ne dépassent pas 66 667 DH/an (soit environ 5 556 DH/mois, ~6 061 EUR/an), ton revenu net imposable tombe sous les 40 000 DH. Ton IR est de zéro. Pas un dirham.

C’est le cas de la majorité des MRE propriétaires d’un seul appartement dans des villes comme Meknès, Oujda, Kénitra ou Fès périphérie. Le mythe du « 10 % minimum pour les non-résidents » est faux — ce taux concerne les produits bruts versés à des non-résidents comme les honoraires ou redevances (art. 15 et 73-II-B-1 CGI-MA), pas les revenus fonciers.

Le barème IR 2025 en détail

Barème IR progressif marocain 2025 (art. 73-I CGI-MA, LF 2025)
Tranche de revenu net imposable (DH) Taux Somme à déduire (DH)
0 -- 40 0000 %0
40 001 -- 60 00010 %4 000
60 001 -- 80 00020 %10 000
80 001 -- 100 00030 %18 000
100 001 -- 180 00034 %22 000
> 180 00037 %27 400

La tranche exonérée a augmenté de 33 % par rapport à 2024 (ancien seuil : 30 000 DH). Le taux marginal a baissé de 38 % à 37 %. Les charges de famille ont été revalorisées à 500 DH par personne à charge, plafonnées à 3 000 DH (art. 74-I CGI-MA, LF 2025), contre 360 DH auparavant.

Ce que ça change concrètement :

Pour un MRE avec 120 000 DH de loyers bruts annuels (10 909 EUR), le calcul est le suivant :

  • Loyers bruts : 120 000 DH
  • Abattement 40 % (art. 64-II CGI-MA) : -48 000 DH
  • Revenu net imposable : 72 000 DH
  • IR au barème 2025 : 72 000 x 20 % - 10 000 = 4 400 DH (400 EUR)

En 2024, le même profil payait 6 400 DH. Gain : 2 000 DH, soit une baisse de 31 %. Pour un profil à 60 000 DH/an de loyers bruts, l’IR passe de 600 DH (ancien barème) à 0 DH — gain de 100 %.

Pour un MRE avec 96 000 DH/an de loyers bruts (8 727 EUR), soit 8 000 DH/mois :

  • Revenu net imposable : 57 600 DH
  • IR 2025 : 57 600 x 10 % - 4 000 = 1 760 DH (160 EUR)

Avec 2 personnes à charge : 1 760 - 1 000 (2 x 500) = 760 DH (69 EUR). L’IR effectif est de 0,8 % des loyers bruts. C’est l’un des régimes les plus favorables au monde pour les bailleurs non-résidents.

Avant / après LF 2025 : combien tu économises

La réforme est particulièrement favorable aux petits et moyens revenus fonciers. Voici le gain concret selon ton profil :

Loyers bruts annuelsIR avant LF 2025IR après LF 2025ÉconomieÉconomie en %
60 000 DH (5 455 EUR)600 DH0 DH600 DH (55 EUR)-100 %
96 000 DH (8 727 EUR)4 560 DH1 760 DH2 800 DH (255 EUR)-61 %
120 000 DH (10 909 EUR)6 400 DH4 400 DH2 000 DH (182 EUR)-31 %

Source : barème 2024 (art. 73-I CGI-MA avant LF 2025) vs barème 2025 (art. 73-I CGI-MA, LF n° 60-24).

Le gain est maximal en proportion pour les petits loyers (exonération totale sous 66 667 DH/an) et en valeur absolue pour les revenus moyens-hauts. Le MRE avec 60 000 DH/an de loyers bruts ne doit plus rien : son IR est passé de 600 DH à zéro. Si tu avais renoncé à déclarer parce que « ça ne vaut pas le coup », les règles ont changé en ta faveur.

Le piège de l’option libératoire à 20 %

La LF 2025 a introduit une option libératoire à 20 % sur les revenus fonciers bruts (art. 64-IV CGI-MA). Elle est présentée comme une simplification : tu ne fais plus de déclaration annuelle (art. 86-6 CGI-MA). La procédure se fait par voie électronique sur le portail SIMPL (NC 736).

Le problème : elle s’applique sur le brut, sans abattement de 40 %. Le surcoût est massif pour la quasi-totalité des MRE.

Comparaison IR progressif vs option libératoire 20 % — loyers bruts annuels (art. 64-II et 64-IV CGI-MA)
Loyers bruts annuels IR barème progressif IR option 20 % Surcoût de l'option
60 000 DH (5 455 EUR)0 DH12 000 DH (1 091 EUR)+12 000 DH
96 000 DH (8 727 EUR)1 760 DH (160 EUR)19 200 DH (1 745 EUR)+17 440 DH
120 000 DH (10 909 EUR)4 400 DH (400 EUR)24 000 DH (2 182 EUR)+19 600 DH
200 000 DH (18 182 EUR)14 400 DH (1 309 EUR)40 000 DH (3 636 EUR)+25 600 DH
500 000 DH (45 455 EUR)83 600 DH (7 600 EUR)100 000 DH (9 091 EUR)+16 400 DH
~1 200 000 DH (109 091 EUR)~240 000 DH240 000 DH~0 DH

L’option n’est avantageuse qu’au-delà de ~1 200 000 DH/an de loyers bruts (~109 091 EUR). En dessous, le barème progressif est systématiquement moins cher — parfois massivement. Pour 120 000 DH de loyers, l’option coûte 5,5 fois plus que le barème. La quasi-totalité des MRE propriétaires se situent sous ce seuil.

Son seul intérêt réel : la dispense de déclaration annuelle. Mais cette dispense empêche aussi de récupérer les excédents de retenue à la source (RAS). La bonne nouvelle : l’option est révocable à tout moment (NC 736, section II-3) — si tu te trompes, tu peux revenir en arrière.

Ce qu’on te dit pas : la DGI présente l’option 20 % comme un « cadeau ». Pour 120 000 DH de loyers, ce cadeau te coûte 19 600 DH de plus que le barème classique. Calcule avant de cocher la case.

La retenue à la source : ce que ton locataire prélève

Si ton locataire est une personne morale (société, association, administration), il retient l’impôt à la source sur tes loyers avant de te payer. Les taux sont fixés par la loi (art. 73-II-B-5 et 73-II-C-4, art. 160 bis CGI-MA) :

  • Loyers bruts < 120 000 DH/an : RAS de 10 % (non libératoire)
  • Loyers bruts >= 120 000 DH/an : RAS de 15 % (non libératoire)

Cette RAS est une avance sur ton IR. Si ton IR réel est inférieur à la RAS (ce qui est très fréquent avec le nouveau barème), tu as droit à une restitution (art. 241 bis-I CGI-MA, LF 2023).

Exemple : pour 120 000 DH de loyers avec locataire personne morale, la RAS est de 18 000 DH (15 %) mais ton IR réel n’est que de 4 400 DH. Tu as un excédent de 13 600 DH (~1 236 EUR) à te faire restituer. Le mécanisme est récent et les délais de remboursement sont encore peu documentés sur le terrain — mais le droit existe.

Si ton locataire est un particulier et que tes loyers sont inférieurs à 40 000 DH/an, aucune RAS n’est prélevée (art. 160 bis CGI-MA, seuil relevé de 30 000 à 40 000 DH par LF 2025). Tu dois faire un paiement spontané si ton IR est dû. Beaucoup de MRE ne le font pas — et pour les loyers sous le seuil d’exonération (revenu net < 40 000 DH), c’est sans conséquence financière directe.

Mais l’obligation déclarative reste, même quand l’IR est nul (art. 82 CGI-MA, avant le 1er mars N+1). Ne pas déclarer expose à une pénalité minimale de 500 DH (art. 184 CGI-MA) et surtout à la perte du droit à restitution si ta situation change. Le MRE qui ne déclare pas en pensant que « ça ne sert à rien » paie plus cher que celui qui déclare.

L’impact côté France : le taux effectif

Les revenus fonciers de source marocaine sont exonérés en France grâce à la convention (art. 25, paragraphe 1, Conv. FR-MA 1970). Mais ils sont retenus pour le calcul du taux effectif (case 8TI de la déclaration 2042). Tes loyers marocains font monter le taux moyen d’imposition de tes autres revenus français.

Simulation : un MRE avec 50 000 EUR de revenus français et 10 909 EUR de loyers marocains voit son taux moyen passer d’environ 14 % à 16,2 %. Surcoût : environ 1 100 EUR (12 100 DH). Même quand ton IR marocain est nul, tes loyers marocains te coûtent quelque chose via le taux effectif français. L’obligation déclarative en France est réelle.

Les taxes locales : l’abattement de 75 % que personne ne réclame

Les taxes locales, c’est le poste fiscal le plus vicieux pour les MRE. Pas le plus cher quand tout est en ordre, mais le plus sournois : personne ne te les réclame, les avis partent à l’adresse du bien au Maroc (où tu ne vis pas par définition), et tu découvres l’ardoise le jour où tu veux vendre.

Taxe d’habitation (TH) et taxe de services communaux (TSC)

La TH est calculée sur la valeur locative (VL) de ton bien, avec un barème progressif national (loi 47-06) :

  • VL de 0 à 5 000 DH : 0 %
  • VL de 5 001 à 20 000 DH : 10 %
  • VL de 20 001 à 40 000 DH : 20 %
  • VL au-delà de 40 000 DH : 30 %

La TSC s’ajoute : 10,5 % de la VL retenue en zone urbaine (art. 36, loi 47-06).

L’abattement de 75 % est le droit qui change tout. Si tu es MRE et que ton logement est occupé à titre gratuit par ton conjoint, tes ascendants ou tes descendants au premier degré (parents, enfants), la VL retenue est réduite de 75 % (art. 24, al. 4, loi 47-06). Un seul logement par MRE.

Les conditions sont strictes :

  • Lien familial : occupation par la famille au 1er degré (conjoint, parents, enfants). Un frère, un oncle, un ami ne comptent pas.
  • Un seul bien : le second est taxé à 100 % de la VL, sans aucun abattement.
  • Pas de location : le bien ne doit pas être loué, même partiellement, même une semaine l’été.
  • Pas de vacance : l’appartement vacant (aucun occupant éligible) n’a pas droit à l’abattement.

Le différentiel chiffré : avec vs sans abattement

C’est le cœur du problème. L’écart entre un MRE informé et un MRE non informé est spectaculaire.

Comparaison taxes locales (TH + TSC) avec et sans abattement 75 % par valeur locative annuelle (art. 24, loi 47-06)
VL annuelle Total avec abattement Total sans abattement Écart annuel Multiplicateur
20 000 DH525 DH (48 EUR)3 600 DH (327 EUR)3 075 DH (280 EUR)x6,9
40 000 DH1 550 DH (141 EUR)9 700 DH (882 EUR)8 150 DH (741 EUR)x6,3
60 000 DH2 575 DH (234 EUR)17 800 DH (1 618 EUR)15 225 DH (1 384 EUR)x6,9
100 000 DH7 000 DH (636 EUR)34 000 DH (3 091 EUR)27 000 DH (2 455 EUR)x4,9

Le multiplicateur est maximal dans les tranches moyennes (40 000 — 60 000 DH) car l’abattement fait basculer d’une tranche haute à la tranche basse ou à l’exonération. C’est précisément la gamme de VL des appartements typiques de la diaspora.

Sur 10 ans sans abattement, pour un bien à VL 60 000 DH : 178 000 DH (~16 182 EUR) de surcoût avant pénalités. C’est le prix de l’information manquante.

Le piège de la construction neuve : exonération partielle

Un MRE acquéreur d’un bien neuf croit souvent être exonéré pendant 5 ans. C’est partiellement vrai : la TH est exonérée pendant 5 ans à partir du permis d’habiter (art. 22-II, loi 47-06). Mais la TSC n’est PAS exonérée — elle est due dès la première année.

Sur un appartement neuf à VL 40 000 DH avec abattement 75 %, la TSC seule représente 1 050 DH/an (95 EUR) pendant les 5 premières années. Montant modeste, mais le piège est de ne rien payer du tout en croyant à une exonération totale. Arriérés + pénalités + quitus fiscal bloqué à la revente : le petit montant négligé se transforme en gros problème.

Le quitus fiscal : le game changer de 2024

Depuis le 1er juillet 2024, aucune vente immobilière au Maroc sans attestation de paiement de tous les impôts grevant l’immeuble (art. 139-IV CGI-MA). Avant cette date, un MRE pouvait vendre sans jamais avoir payé ses taxes locales — le notaire ne vérifiait pas. C’est fini. Le notaire exige le quitus. Si tu as des arriérés, ta vente est physiquement bloquée.

Les pénalités s’accumulent sans plafond (art. 208 CGI-MA) :

  • Majoration forfaitaire : 10 % du principal
  • Majoration 1er mois : 5 %
  • Majoration mois suivants : 0,50 %/mois, sans plafond

Sur 5 ans d’arriérés sans abattement pour un bien à VL 60 000 DH, l’ardoise totale (principal + pénalités) dépasse 107 000 DH (~9 727 EUR). Si le MRE avait bénéficié de l’abattement et payé régulièrement : 12 875 DH (~1 170 EUR). Différentiel : 94 375 DH (~8 580 EUR) sur 5 ans. C’est le prix de la désinformation.

Comment réclamer l’abattement ?

C’est la lacune la plus grave du système : aucune procédure formalisée n’existe. Pas de formulaire dédié, pas de circulaire, pas de case « MRE » sur le formulaire ADP060F-12I. Le Guide Fiscal MRE 2025 de la DGI confirme le droit sans donner le mode d’emploi. Le système informatique de la DGI ne distingue pas un MRE d’un résident — ton identifiant fiscal ne dit pas que tu vis à l’étranger.

En pratique : vérifie sur l’application Daribati ou demande à un parent au Maroc de consulter ton avis d’imposition. Si l’abattement n’apparaît pas (cas fréquent : le bien est classé « résidence secondaire » dans les fichiers DGI quand le propriétaire est absent), dépose une réclamation au service local des impôts avec ces pièces :

  • Copie du passeport et titre de séjour dans le pays de résidence
  • Titre foncier du bien
  • Livret de famille (prouvant le lien avec l’occupant)
  • Carte consulaire ou certificat de résidence à l’étranger
  • Attestation sur l’honneur de non-location du bien

Le délai de réclamation est de 6 mois après la mise en recouvrement (art. 25, loi 47-06 ; Guide Fiscal MRE 2025, DGI).

Pour le paiement à distance : l’application Daribati (DGI) sur ton téléphone, le portail SIMPL (tax.gov.ma) avec inscription CNIE, ou un parent au Maroc qui se rend au guichet bancaire. Contact DGI en cas de difficulté : 05 37 27 37 27 ou simpl@tax.gov.ma.

La CSS ne concerne plus tes loyers depuis 2022

Information importante qui circule encore mal : les revenus fonciers sont exclus du champ de la Contribution Sociale de Solidarité (CSS) depuis la LF 2022 (art. 267 CGI-MA modifié). La CSS ne concerne plus que les revenus professionnels et agricoles au régime du résultat net réel, au-delà de 1 000 000 DH de revenu net d’impôt (art. 267-268 CGI-MA ; NC 732).

Beaucoup de sites web affichent encore l’ancienne règle (seuil 240 000 DH, revenus fonciers inclus). C’est obsolète depuis quatre ans. Un MRE qui renonce à un investissement locatif par peur de la CSS le fait sur la base d’une information périmée.

Dividendes, plus-values, retraites : les autres impôts MRE au Maroc

Dividendes : le cadeau caché de la convention de 1970

Si tu touches des dividendes d’une société marocaine, la retenue à la source (RAS) est de 12,50 % en 2025 (art. 247-XXXVII-C CGI-MA). Elle baisse à 11,25 % en 2026 et atteindra 10 % en 2027.

En France, tu déclares le brut sur le formulaire 2047 (revenus étrangers), puis en case 8TK de la 2042. Le fisc français applique le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % IR + 17,2 % prélèvements sociaux). Mais la convention franco-marocaine de 1970 t’accorde un crédit d’impôt forfaitaire de 25 % du brut (art. 25, paragraphe 3-a, Conv. FR-MA 1970).

Ce crédit est le double de l’impôt réellement payé au Maroc. C’est un vestige de l’époque où la RAS marocaine était à 15 %. Avec la baisse progressive, l’avantage grossit chaque année.

Simulation sur 200 000 DH de dividendes (18 182 EUR) distribués en 2025 :

  • RAS Maroc (12,50 %) : 25 000 DH (2 273 EUR)
  • PFU France (30 %) sur le brut : 5 455 EUR
  • Crédit d’impôt forfaitaire (25 % du brut) : -4 545 EUR
  • IR France net : 909 EUR
  • Charge totale : 2 273 + 909 = 3 182 EUR, soit un taux effectif de 17,5 %

Contre 30 % si les dividendes venaient d’une société française, soit une économie de 2 273 EUR sur 18 182 EUR. Le PFU est presque toujours plus favorable que le barème progressif français pour les dividendes marocains.

Évolution attendue : le taux effectif global passera à environ 16,5 % en 2026 et 15,2 % en 2027. Cet avantage est conditionné à la survie de la convention de 1970 — aucun signal de renégociation à ce stade sur les dividendes.

Profits fonciers (plus-values immobilières)

La cession d’un bien au Maroc est taxée à 20 % du profit net (art. 73-II-F-6 CGI-MA), avec une cotisation minimale de 3 % du prix de cession au-delà de 4 000 000 DH (art. 144-II CGI-MA). Le prix d’acquisition est revalorisé par un coefficient officiel annuel, et des frais forfaitaires de 15 % s’ajoutent à la base déductible.

L’exonération du logement principal MRE s’applique si le bien a été occupé (par toi ou ta famille au 1er degré) pendant au moins 5 ans sans interruption (art. 63-II-B CGI-MA, modifié LF 2023 — le délai était auparavant de 6, puis 8, puis 10 ans) et que le prix de cession est inférieur à 4 000 000 DH (~363 636 EUR).

Le piège Airbnb : toute location, même temporaire, même une semaine, fait perdre définitivement la qualification d’habitation principale (art. 63-II-B CGI-MA). Sur un profit de 1 000 000 DH, c’est 200 000 DH (~18 182 EUR) d’impôt supplémentaire pour quelques centaines de dirhams de revenu Airbnb. Le ratio risque/gain est de 1 pour 18 — parmi les pires arbitrages fiscaux possibles.

Le triple blindage fiscal du logement MRE saute intégralement à la première location :

  1. Abattement 75 % TH/TSC : perdu (surcoût ~15 000 DH/an)
  2. Exonération plus-value : perdue (coût potentiel ~200 000 DH+)
  3. Exonération cessions familiales gratuites : perdue

La convention FR-MA neutralise la double imposition sur les plus-values immobilières : le Maroc impose, la France accorde un crédit d’impôt égal à l’impôt français correspondant (art. 25, paragraphe 1, Conv. FR-MA 1970). La déclaration en France reste obligatoire (formulaires 2042/2042-C/2047).

Pensions de retraite : l’exonération totale dès 2026

Depuis le 1er janvier 2026, les pensions de retraite de base (CMR, RCAR, CNSS) sont totalement exonérées d’IR au Maroc (art. 57-27 CGI-MA, modifié par LF 2026). La LF 2026 étend l’avantage aux pensions complémentaires CIMR collectives (conditions : cotisations retenues par l’employeur, durée contrat >= 8 ans, prestations à partir de 45 ans). Seules les pensions complémentaires individuelles restent imposées au barème après un abattement de 60 %. Environ 165 000 retraités sont concernés par cette exonération.

Pour les pensions étrangères perçues par un MRE installé au Maroc, la convention FR-MA (art. 17, Conv. FR-MA 1970) attribue le droit d’imposer exclusivement au Maroc — y compris les pensions de fonctionnaires, ce qui est un cas unique parmi les conventions françaises.

Le taux effectif marocain sur une pension transférée en dirhams non convertibles (bénéficiant de la réduction de 80 % de l’IR, art. 76 CGI-MA) reste inférieur à 4 % même pour des pensions de 50 000 EUR/an. L’économie annuelle par rapport à la France dépasse 5 000 EUR pour une pension de 30 000 EUR. Sur 20 ans de retraite : plus de 100 000 EUR cumulés.

Attention au piège du « convertible » : la réduction de 80 % de l’IR (art. 76 CGI-MA) exige un transfert de la pension en dirhams NON convertibles. Un transfert sur compte convertible (choix par défaut de nombreuses banques) annule la réduction. Le différentiel : 1 070 EUR/an sur une pension de 24 000 EUR. Sur 20 ans : 21 400 EUR perdus par simple mauvais choix de compte bancaire. Demande explicitement un compte ordinaire en dirhams à ta banque pour le virement de ta pension.

IS des sociétés : la convergence qui frappe les TPE MRE

Si tu as créé ou tu envisages de créer une société au Maroc, le taux d’IS a changé radicalement. La convergence IS instaurée par la LF 2023 fait passer le taux des TPE (BNF <= 300 000 DH) de 10 % à 20 % en quatre ans :

AnnéeTaux IS (BNF <= 300 000 DH)IS sur 250 000 DH de BNFEn EUR
202210 %25 000 DH2 273 EUR
202312,50 %31 250 DH2 841 EUR
202415 %37 500 DH3 409 EUR
202517,50 %43 750 DH3 977 EUR
202620 %50 000 DH4 545 EUR

Source : art. 247-XXXVII-A CGI-MA.

C’est un doublement silencieux. Pour les grandes entreprises, la convergence est une baisse (de 31 % à 20 %). Pour les TPE, c’est une hausse de 100 %. Aucune mesure compensatoire n’a été prévue. Le MRE qui crée une petite structure en 2025 doit intégrer un taux de 20 % dans son business plan, pas 10 %.

Comptes en devises : une exonération réelle mais fragile

Les intérêts sur les comptes en devises détenus par les MRE au Maroc ne subissent aucune retenue à la source. Ce mécanisme repose sur un chaînon juridique complexe (art. 15-VII + 6-I-C-3 + 4-II CGI-MA) — aucun article unique ne le fonde, mais les banques l’appliquent systématiquement.

Condition essentielle : justifier l’origine des fonds (virements de l’étranger ou bordereau de change dans les 30 jours suivant l’entrée au Maroc). Un MRE qui arrive avec du cash et le dépose sans bordereau de change risque de se voir appliquer la retenue de 30 % sur les intérêts.

Pour un MRE résident fiscal en France, cet avantage est neutralisé par la fiscalité française sur le revenu mondial (PFU 30 % sur les intérêts déclarés en France). Le différentiel net avec un compte à terme français n’est que de 0,07 point. L’intérêt du compte en devises MRE est surtout patrimonial (diversification, disponibilité) — l’avantage fiscal ne joue à plein qu’au moment du transfert de résidence fiscale au Maroc.

Et si tu ne déclares pas ? Contrôle fiscal et pénalités

La prescription de 10 ans : le piège du temps

La DGI peut remonter 4 ans en arrière pour les contribuables qui déclarent régulièrement (art. 232-I CGI-MA). Mais pour ceux qui n’ont jamais déposé de déclaration, la prescription est de 10 ans (art. 232-VIII-15 CGI-MA).

Mythe répandu : « les impôts au Maroc se prescrivent en 5 ans pour les MRE ». Faux. La loi 56-03 (5 ans pour les résidents à l’étranger) protège les MRE créanciers de l’État, pas l’État qui recouvre des taxes. Chaque émission de rôle interrompt la prescription du recouvrement. Des cas d’impayés de 20 ans sont toujours recouvrables en pratique.

La règle des 10 jours : condamné par ton absence

Toute notification de la DGI est présumée reçue 10 jours après l’échec de remise (art. 219-I, 2 CGI-MA). Comme les courriers sont envoyés à l’adresse du bien au Maroc — où tu ne vis pas —, les délais de réponse (30 jours) courent sans que tu le saches.

Chronologie type d’un contrôle que tu ne vois pas venir :

  • Jour J : la DGI envoie une lettre en recommandé à l’adresse du bien
  • J+10 : notification présumée valable. Tu ne sais rien.
  • J+40 : délai de 30 jours expiré sans réponse. 1ère mise en demeure.
  • J+81 : 2e mise en demeure. Tu ne sais toujours rien.
  • J+121 : taxation d’office. Charge de la preuve inversée.
  • ~J+180 : avis de mise en recouvrement émis. Tu as 6 mois pour une réclamation contentieuse (art. 235 CGI-MA) — mais tu ne le sais pas.

Tout le processus prend environ 4 mois. Un MRE peut ne rien savoir pendant un an ou plus, jusqu’à ce qu’il découvre une saisie sur son compte bancaire marocain ou un refus de quitus fiscal.

La seule parade : un mandataire fiscal au Maroc qui reçoit et transmet les courriers, et une adresse email communiquée à la DGI via l’art. 145-X CGI-MA. Coût d’un mandataire : 2 000 à 5 000 DH/an (~182 à 455 EUR). Le ratio coût/protection est de 1 pour 5 — le mandataire coûte 5 fois moins que les conséquences d’un seul contrôle non géré.

Les pénalités cumulatives : la dette qui grossit toute seule

Le système marocain cumule les pénalités de manière plus agressive que le système français :

  • Majoration pour imposition d’office : 20 % (minimum 500 DH) (art. 184 CGI-MA)
  • Pénalité de retard forfaitaire : 10 % (art. 208 CGI-MA)
  • Majoration 1er mois : 5 % (art. 208 CGI-MA)
  • Majorations mois suivants : 0,50 %/mois, sans plafond (art. 208 CGI-MA)

Le 0,50 %/mois sans plafond, c’est 6 % par an en majorations mensuelles seules. En France, les intérêts de retard sont à 0,20 %/mois (2,4 %/an). Le système marocain est 2,5 fois plus punitif en rythme annuel.

Sur 10 ans de non-déclaration avec 60 000 DH/an de loyers bruts, l’ardoise totale approche 92 500 DH (~8 409 EUR) : environ 50 000 DH d’impôt et 42 500 DH de pénalités. Le ratio pénalités/impôt est de 85 %.

La régularisation spontanée (déclaration rectificative de ta propre initiative) coûte moins cher : 15 % de majoration au lieu de 20 % (art. 184 CGI-MA) et ouvre la porte à une remise gracieuse sur les pénalités (art. 236 CGI-MA). Le ministre des Finances (ou la DGI par délégation) peut accorder une remise totale ou partielle des majorations. La demande se fait en ligne via SIMPL-Réclamation sur tax.gov.ma depuis avril 2025.

L’échange d’informations France-Maroc : ce qui fonctionne déjà

L’échange automatique CRS (norme OCDE) n’est pas encore opérationnel entre la France et le Maroc. Le Maroc a signé en 2019 mais le Parlement a rejeté la ratification en juillet 2023. L’échange est reporté à 2028 (OCDE, AEOI Commitments, mise à jour janvier 2026). Le Maroc est sur la liste grise UE depuis octobre 2025, ce qui entraîne des obligations de due diligence renforcée pour les banques européennes sur les flux vers/depuis le Maroc.

L’échange sur demande, lui, fonctionne depuis 2019 : 406 demandes traitées entre 2018 et 2021, dont 61 % en provenance de France et 23 % de Belgique (art. 27-32, Conv. FR-MA 1970). Quand le fisc français a un doute sur un MRE spécifique, il obtient déjà les informations du Maroc.

Depuis la LF 2024, l’EESF (Examen d’Ensemble de la Situation Fiscale) est étendu aux non-résidents (art. 216 CGI-MA modifié). Tout achat immobilier supérieur à 240 000 DH avec des revenus déclarés faibles au Maroc est un déclencheur mathématique de l’EESF (art. 29 CGI-MA).

Côté français, chaque compte bancaire au Maroc doit être déclaré sur le formulaire 3916. Amende : 1 500 EUR par compte et par an non déclaré (art. 1649 A et 1736-IV-2 CGI). Pour un compte oublié pendant 5 ans : 7 500 EUR d’amendes potentielles. Ce risque côté français dépasse souvent l’ardoise marocaine elle-même.

Le réflexe Moriginal : régularise avant qu’on te le demande. Pour les loyers <= 5 556 DH/mois, l’IR est nul depuis 2025 — tu déclares 0 DH d’impôt, mais tu déclares. Et tu demandes à ta banque en France si tu as bien déposé ton formulaire 3916.

L’amnistie 2024 : le train qui est passé

La LF 2024 a offert une contribution libératoire à 5 % sur les avoirs en cash non déclarés au Maroc (art. 7, LF 2024). Le résultat a été historique : 125 milliards de DH déclarés (~11,4 milliards EUR), dont 77 milliards la dernière semaine de décembre 2024.

Le dispositif n’a pas été reconduit par la LF 2025. Le ministre délégué Lekjaa l’a catégoriquement exclu. Le MRE qui n’a pas profité de cette fenêtre fait face à un risque asymétrique : faible probabilité de contrôle à court terme (pas de CRS avant 2028), mais coût catastrophique en cas de contrôle (pénalités cumulatives de 65 à 200 % du principal selon la durée).

Comparaison du coût pour un MRE qui détenait 500 000 DH de cash non déclaré :

  • Amnistie 2024 (5 %) : 25 000 DH (2 273 EUR). Protection contre tout contrôle ultérieur.
  • Redressement fiscal en 2026 (pénalités art. 184 + 208 CGI-MA) : potentiellement > 100 000 DH (9 091 EUR).

Le prix du train raté : plus de 75 000 DH (6 818 EUR) de différence. Attendre une hypothétique prochaine amnistie coûte 6 % par an en majorations supplémentaires — un pari dont le coût est certain et le gain hypothétique.

Tes obligations déclaratives : la checklist

Que tu doives de l’impôt ou non, les obligations déclaratives persistent. Voici ce que tu dois faire chaque année en tant que MRE propriétaire au Maroc :

Côté Maroc :

  • Déclaration IR foncier : avant le 1er mars N+1, même si l’IR est nul (art. 82 CGI-MA). Via le portail SIMPL-IR sur tax.gov.ma. Tu dois obtenir un identifiant fiscal (IF) auprès de la Direction Régionale des Impôts du lieu de ton bien. La demande se fait via le formulaire AAC139F-16I, à déposer physiquement — il n’existe pas de procédure en ligne pour créer un IF. Tu peux mandater un expert-comptable ou un notaire au Maroc.
  • Paiement TH/TSC : via l’application Daribati (DGI) ou le portail SIMPL. Vérifier que l’abattement 75 % est bien appliqué.
  • Déclaration profits fonciers : dans les 30 jours suivant la cession (art. 83-I CGI-MA).

Côté France (si résident fiscal français) :

  • Formulaire 2047 : déclaration des revenus de source étrangère (loyers marocains).
  • Case 8TI (déclaration 2042) : revenus exonérés retenus pour le taux effectif.
  • Formulaire 3916 : déclaration des comptes bancaires détenus à l’étranger. Chaque compte, même inactif. Amende : 1 500 EUR/compte/an (art. 1649 A et 1736-IV-2 CGI).
  • Formulaire 2042-C : en cas de plus-value immobilière.

Ne pas déclarer quand l’IR est nul est un piège psychologique. Ça ne coûte rien de déclarer zéro — mais ne pas déclarer expose à la pénalité minimale de 500 DH (art. 184 CGI-MA), à la prescription étendue de 10 ans, et à la perte du droit à restitution si ta situation évolue.

Cas pratiques chiffrés

Cas pratique : Karim — Louer ou garder ? Le calcul irréversible

Karim, 35 ans, cadre à Paris. Propriétaire d’un T3 à Rabat acheté en 2019 pour 1 200 000 DH (~109 091 EUR). Valeur actuelle estimée : 1 800 000 DH (~163 636 EUR). Ses parents vivent dans l’appartement. Il hésite à louer le bien 8 000 DH/mois pour générer un revenu.

Scénario A — Conservation en habitation principale MRE (parents occupants)

PosteMontant (MAD)Montant (EUR)
IR foncier00
TH + TSC (abattement 75 %, VL estimée 48 000 DH)~2 100~191
Exonération plus-value future (si >= 5 ans occupation, prix < 4 M DH)0 DH d’impôt0 EUR
Coût fiscal annuel~2 100 DH~191 EUR

Scénario B — Location à 8 000 DH/mois

ÉtapeDétailMontant (MAD)Montant (EUR)
Loyers bruts annuels8 000 x 1296 0008 727
Abattement 40 %art. 64-II CGI-MA-38 400-3 491
Revenu net imposable57 6005 236
IR barème 202557 600 x 10 % - 4 0001 760160
TH + TSC plein tarif (perte abattement)VL 48 000, sans abattement~10 200~927
Revenu net après impôts96 000 - 1 760 - 10 20084 0407 640

Le calcul de la plus-value perdue :

Si Karim revend dans 5 ans avec un profit net de 400 000 DH (~36 364 EUR) :

  • Scénario A : profit exonéré (art. 63-II-B CGI-MA) = 0 DH d’impôt
  • Scénario B (bien loué) : profit imposé à 20 % = 80 000 DH (~7 273 EUR)

Sur 5 ans de location, Karim perçoit 5 x 84 040 = 420 200 DH nets. Moins les 80 000 DH de plus-value taxée : bilan net de +340 200 DH. La location reste favorable dans cet exemple.

Résultat : la location est presque toujours plus rentable que la conservation en HP si le MRE n’envisage pas de revente à forte plus-value dans les 5-10 ans. Mais la décision est irréversible : une fois le bien loué, l’exonération HP est perdue définitivement. Si la plus-value attendue dépasse ~2 350 000 DH de profit net, l’exonération vaut plus que les loyers cumulés.

Cas pratique : Sofia — Le piège du titrage pour les couples mixtes

Sofia, 38 ans, conjointe suédoise d’un MRE, vit à Stockholm. Son mari lui a offert un appartement à Tanger (VL 36 000 DH), occupé par sa belle-mère (mère de son mari). Sofia est propriétaire en titre.

ScénarioTH + TSC annuelles (MAD)TH + TSC annuelles (EUR)
Bien au nom de Sofia (pas d’abattement — belle-mère n’est pas son ascendante)~7 380~671
Bien au nom du mari MRE (abattement 75 % — sa mère est son ascendante 1er degré)~1 345~122
Écart annuel6 035 DH549 EUR

Résultat : Sofia perd 6 035 DH/an (~549 EUR) parce que le bien est à son nom et non à celui de son mari. Sur 10 ans : 60 350 DH (~5 486 EUR). L’abattement de 75 % est réservé aux MRE dont l’ascendant au 1er degré occupe le bien — le lien familial doit être celui du propriétaire, pas du conjoint du propriétaire. Cette erreur de titrage est courante chez les couples mixtes. L’achat au nom du MRE (ou le transfert de propriété) active l’abattement. Aucun notaire ne signale spontanément ce point.

Cas pratique : Moussa — Premier investissement, double déclaration

Moussa, 33 ans, entrepreneur franco-sénégalais à Paris, marié à une Marocaine. Il a acheté un petit appartement à Casablanca (VL 30 000 DH) qu’il loue à un particulier pour 4 000 DH/mois.

ÉtapeDétailMontant (MAD)Montant (EUR)
Loyers bruts annuels4 000 x 1248 0004 364
Abattement 40 %art. 64-II CGI-MA-19 200-1 745
Revenu net imposable28 8002 618
IR barème 202528 800 < 40 000 = tranche exonérée00
TH + TSC (bien loué, pas d’abattement MRE)VL 30 000 DH, plein tarif~5 700~518
Obligation déclarative MarocAvant le 1er mars N+1 (art. 82 CGI-MA)
Obligation déclarative France2047 + case 8TI (taux effectif)Taux rehaussé
Formulaire 3916 FranceCompte bancaire marocain1 500 EUR/an si oubli

Résultat : Moussa ne paie aucun IR foncier au Maroc. Il paie ~5 700 DH/an de taxes locales. Son vrai risque est côté français : le formulaire 3916 non déclaré peut lui coûter 1 500 EUR/an par compte, soit plus que l’intégralité de son impôt marocain. L’ANCFCC (conservation foncière) a enregistré l’achat avec son CIN — Moussa est dans le radar de la DGI. La déclaration, même à zéro, est sa meilleure protection.

Conclusion

  • Pour la majorité des MRE : si tes loyers bruts ne dépassent pas 5 556 DH/mois (~505 EUR), ton IR foncier au Maroc est nul depuis 2025. L’obligation déclarative reste, mais l’enjeu financier a disparu. L’abattement de 75 % sur les taxes locales peut te faire économiser plus de 15 000 DH/an — réclame-le avec les justificatifs nécessaires.

  • Le vrai danger, c’est l’inaction : le quitus fiscal obligatoire depuis 2024 bloque la vente si tu as des arriérés. Les pénalités cumulent à 6 %/an sans plafond. Le formulaire 3916 côté France coûte 1 500 EUR/an par compte non déclaré. Régularise maintenant : le coût est modeste, le bénéfice est la tranquillité.

Pour le panorama complet de ta situation fiscale : consulte le guide complet de la fiscalité MRE au Maroc — #8 qui couvre l’IR, l’IS, les conventions, les obligations déclaratives et les stratégies d’optimisation sur l’ensemble de tes revenus.

Pour aller plus loin


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Wach 3refti ? (Tu savais ?) Ton appart loué 5 000 DH/mois au Maroc = zéro dirham d’impôt depuis 2025. Et l’abattement 75 % sur la taxe d’habitation te fait économiser 15 000 DH/an. Lis l’article complet : https://moriginals.org/articles/taxe-mre-maroc/


Avertissement juridique

Cet article a été rédigé à titre informatif et pédagogique. Il ne constitue en aucun cas un conseil fiscal, juridique ou financier personnalisé.

Les informations présentées sont basées sur les textes en vigueur à la date de dernière mise à jour (voir ci-dessous). La législation évolue : vérifie toujours les textes applicables auprès des sources officielles (Legifrance, BOFiP, DGI marocaine sur tax.gov.ma).

Pour ta situation personnelle, consulte un professionnel : avocat fiscaliste, expert-comptable ou conseil en gestion de patrimoine habilité.

Moriginals décline toute responsabilité en cas d’utilisation directe des informations contenues dans cet article sans vérification préalable auprès d’un professionnel qualifié.


Publié le 15 mars 2026 — Mis à jour le 15 mars 2026


À propos de l’auteur

Yazid El-Wali — Fondateur de Moriginals. Né en France de parents marocains, il aspire au retour. Entrepreneur avec un parcours en finance, proche des entrepreneurs MRE et de leurs problématiques fiscales, juridiques et patrimoniales.

À propos de Moriginals

Moriginals n’est pas un cabinet de conseil. Cet article est rédigé à titre informatif. Pour un conseil personnalisé, consulte un professionnel habilité.

Questions fréquentes

Mon appart est loué 5 000 DH/mois à Meknès, je paie combien d'impôt au Maroc ?

Tes loyers bruts de 60 000 DH/an, après abattement de 40 % (art. 64-II CGI-MA), donnent un revenu net de 36 000 DH. Ce montant est sous la tranche exonérée de 40 000 DH (art. 73-I CGI-MA, barème 2025). Tu ne paies aucun IR. Tu dois néanmoins déclarer avant le 1er mars via SIMPL-IR sur tax.gov.ma (art. 82 CGI-MA). Tu paies la TH et la TSC — environ 1 300 à 6 000 DH/an selon que l'abattement 75 % s'applique ou non (art. 24, loi 47-06).

On m'a dit que les non-résidents paient au minimum 10 %. C'est vrai ?

Non. Le taux de 10 % libératoire concerne uniquement les « produits bruts » versés à des non-résidents : honoraires, redevances, commissions (art. 15 et 73-II-B-1 CGI-MA). Pour les revenus fonciers, le barème progressif normal s'applique avec la tranche exonérée à 0 % (art. 73-I CGI-MA). Un non-résident avec un revenu foncier net de 36 000 DH paie 0 DH, exactement comme un résident dans la même situation.

L'option à 20 % sur les loyers, c'est une bonne idée ?

Pour la grande majorité des MRE, non. L'option libératoire à 20 % (art. 64-IV CGI-MA) s'applique sur le brut sans abattement de 40 %. Pour 120 000 DH/an de loyers, tu paies 4 400 DH au barème contre 24 000 DH à l'option — soit 5,5 fois plus. L'option ne devient avantageuse qu'au-delà de ~1 200 000 DH/an de loyers bruts (~109 091 EUR). Son seul intérêt : la dispense de déclaration annuelle. Elle est révocable à tout moment (NC 736, DGI).

Mon frère habite dans mon appartement à Casa. J'ai droit à l'abattement 75 % sur la taxe d'habitation ?

Non. L'abattement de 75 % exige que le logement soit occupé par le conjoint, les ascendants ou les descendants en ligne directe au premier degré — père, mère, enfant (art. 24, al. 4, loi 47-06). Un frère, un cousin, un oncle ou un ami ne comptent pas. Ton frère dans l'appartement = pas d'abattement = tu paies 5 à 7 fois plus de taxes locales qu'un MRE dont les parents occupent le bien.

Ça fait 8 ans que je n'ai rien payé. Qu'est-ce que je risque ?

La prescription d'assiette est de 4 ans pour les déclarants, 10 ans pour les non-déclarants (art. 232-I et 232-VIII-15 CGI-MA). Les pénalités sont de 10 % du principal + 5 % le 1er mois + 0,50 % par mois suivant, sans plafond (art. 208 CGI-MA). Le vrai risque depuis juillet 2024 : le quitus fiscal bloque ta vente chez le notaire (art. 139-IV CGI-MA). Tes arriérés empêchent toute transaction. La régularisation spontanée est toujours moins chère que la taxation d'office, et tu peux demander une remise gracieuse (art. 236 CGI-MA).

Je crée une société au Maroc. L'IS c'est vraiment 10 % pour les petites boîtes ?

C'était vrai jusqu'en 2022. Depuis la LF 2023, le taux pour les sociétés à bénéfice net fiscal (BNF) inférieur ou égal à 300 000 DH augmente chaque année : 12,50 % en 2023, 15 % en 2024, 17,50 % en 2025, 20 % en 2026 (art. 247-XXXVII-A CGI-MA). En 4 ans, le taux d'IS pour les TPE a doublé. Le MRE qui crée une petite structure avec un business plan basé sur 10 % doit impérativement mettre à jour ses projections. Le bartering fiscal favorable des petites sociétés marocaines se réduit chaque année.

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Yazid El-Wali

Fondateur de Moriginals. Formation en gestion des instruments financiers, programme Goldman Sachs "10,000 Small Businesses" (ESSEC). Ancien banquier et expert-comptable, fondateur de plusieurs CFA en France.